Caution et héritage

Moutongris - 24 nov. 2011 à 19:24
 Bernar65 - 29 nov. 2011 à 09:23
Bonjour,


Mon épouse et moi n'avons pas encore d'enfant.
Nous sommes mariés sous le régime de la séparation de biens.

Nous venons d'acheter en commun un appartement que nous avons financé de cette manière:
- 16% pour mon épouse, financé comptant
- 84% pour ma part, que je finance en partie à l'aide d'un prêt immobilier

Pour garantir mon prêt, la banque a imposé à mon épouse de se porter caution solidaire, le bien étant en partie à son nom.

Notre question : que se passerait-il si je venais à décéder?

Solution A :
La banque et l'organisme de garantie organisent la vente de notre appartement:
- Le prêteur récupère sa créance en premier
- Mon épouse récupère son apport personnel
- Mon épouse et mes autres héritiers se partagent ma part selon les règles de succession

ou bien:

Solution B:
La banque sollicite mon épouse qui est caution afin de rembourser l'emprunt:
- Mon épouse doit vendre notre appartement et récupérer son apport personnel, qui est insuffisant pour rembourser mon prêt. Elle doit donc vendre son bien propre (elle possède un petit appartement qu'elle commence à peine à rembourser) pour trouver de l'argent mais cela ne suffira pas non plus. On imagine que le solde sera pris sur les biens en valeur que je laisse.
- Le reste est partagé entre mon épouse et mes héritiers selon les règles de succession

La différence entre ces deux solutions est notoire concernant mon épouse qui devrait dans la deuxième solution se substituer à moi en tant que caution sur mon emprunt, sans en tirer aucun bénéfice personnel (cela n'augmentera pas son investissement personnel sur l'appartement commun et elle serait obligée de se défaire de son seul bien propre qui non seulement ne suffira pas à rembourser l'emprunt mais ne lui servira même pas à se reloger).
Au final, elle recevrait beaucoup moins que dans la solution A, et aurait même moins de bien qu'aujourd'hui, et n'aurait d'autre choix que de chercher un petit studio pour vivre.

Quelle est la réalité? Quelle action pouvons-nous entreprendre afin de favoriser la solution A? Un testament est-il possible en sa faveur pour remédier à ce problème de caution? Au final, nous souhaiterions simplement que le remboursement de l'emprunt se fasse sur mes biens à moi (sur la vente de l'appartement commun) et non sur ses biens à elle, afin qu'elle n'ait pas après mon décès moins que ce qu'elle possède aujourd'hui, à cause de cette fameuse caution...

Merci de votre réponse

Bien cordialement

6 réponses

Bonjour,
En admettant que l'assurance fasse défaut, il est évident que le prêteur va commencer par solliciter la caution. J'ajoute que le prêteur a exigé cette caution solidaire parce que vous êtes mariés en séparation de biens.

Si votre épouse/caution ne peut faire face, de deux choses l'une :
- Soit elle vend de son propre chef et rembourse le prêteur ;
- Soit le bien sera saisi (il doit y avoir, en plus, une prise d'hypothèque), vendu, le surplus entre le prix de vente et le restant dû reversé à votre épouse (et à vos héritiers quand vous en aurez).
Je ne vois pas bien comment un testament ou autre disposition pourrait changer le cours des choses...

Le seul moyen de "protéger" votre épouse est de lui donner la possibilité de faire face. Autrement dit, assurer le risque. Etant dans le cas de figure où l'assurance-décès fait défaut, il faut se tourner vers l'assurance-vie, ce qui suppose de votre part une capacité d'épargne.
Rappelons l'art L132-14 C. Ass. : "Le capital ou la rente garantis au profit d'un bénéficiaire déterminé ne peuvent être réclamés par les créanciers du contractant. [...]."

Mais bon, hormis la fausse déclaration de santé ou le suicide la première année d'assurance, je ne vois pas quelle raison pourrait invoquer l'assureur pour ne pas honorer son engagement.
Et l'assurance-vie servira pour la retraite...
Cordialement.
1
Bonjour,
Attendez avant de faire jouer les cautions, votre prêt n'est pas assuré ?
Cordialement.
0
Bonjour, oui bien sûr le prêt est assuré. J'imagine simplement le cas où l'assurance ne prendrait pas les remboursements en charge (causes multiples).
Ma question est simplement : dans le cas où je décéderais, quel sera le premier recours (hors assurance) pour le prêteur? Mon épouse en tant que caution ou la vente directe du bien? Mes autres héritiers n'ont ils pas intérêt à ce que mon épouse rembourse le prêt avant que ne soit calculée la répartition de l'héritage?
Merci à vous
0
Bonjour,
Merci de votre réponse.
Je pensais à un testament stipulant que je lègue à mon épouse, en plus de ce qui lui revient de par l'héritage légal, la somme nécessaire à rembourser la banque afin que son statut de caution ne la pénalise pas et ne l'oblige pas à vendre ce qui lui appartient pour solder le prêt que j'ai contracté. Est-ce possible?
Merci encore
0
Re-
Oui, ça doit être possible.
Mais vous savez, ce que je vous disais ce matin à propos de l'assurance-vie : dans votre objectif, elle remplace plus qu'avantageusement le testament, ne serait-ce que parce que l'assurance-vie s'affranchit des règles légales de la dévolution, du droit à la réserve des héritiers et de la réduction (ceci pour le jour où vous aurez des enfants et si vous avez toujours vos parents).
Et je ne parle même pas de la simplicité...
Cordialement.
0

Vous n’avez pas trouvé la réponse que vous recherchez ?

Posez votre question
Merci de votre conseil.
Une question cependant : vous dites : "soit elle vend de son propre chef et rembourse le prêteur", or, l'appartement commun ne lui revient pas (en totalité) à mon décès (sinon le problème ne se poserait pas?). Peut-elle décider seule de la vente et du remboursement du prêteur devant les autres héritiers?
Merci
0
Re-
Vous avez raison : si le bien ne lui revient pas en pleine propriété, votre épouse ne pourra pas vendre sans l'accord des autres héritiers. Rappelons toutefois que ces derniers sont aussi co-héritiers des dettes...
D'où l'alternative : la mise en jeu de l'hypothèque ou du privilège de prêteur de deniers selon le cas.
Cordialement.
0
Bonsoir,
De quelle alternative parlez-vous? de la garantie sur le prêt? on ne nous a pas laissé ce choix...
Quand vous dites que les co-héritiers héritent aussi des dettes : en héritent-ils aussi si une caution solidaire est censée les rembourser? Là est ma vraie question.
Merci encore
0
Re-
N'oubliez pas une chose, l'intérêt du banquier est de rentrer dans ses sous.
Ce que je veux dire, c'est que même si la banque a pris deux garanties (caution et, pour faire simple, hypothèque), une seule sera mise en oeuvre au mieux de ses intérêts et sans doute pas la même selon que le sinistre (votre décès) se réalise la première ou la dernière année du prêt.

Ensuite, oui, bien sûr, la dette repose sur la caution. Mais si cette dernière fait défaut, la dette va reposer sur le bien...

Maintenant, je vous ai proposé une idée, je ne dis bien sûr pas que ce soit la solution. Mais c'est un montage couramment mis en place chez les associés de SARL ou de SELARL où la responsabilité soit disant limitée à l'apport en capital est contredite par le jeu des cautions. C'est quasiment ce qui se passe chez vous : la caution annihile les effets de la séparation de bien.
Cordialement.
0