Refus transmission DPE
Farenheit456 Messages postés 751 Date d'inscription Statut Membre Dernière intervention -
Bonjour à tous,
Je traverse actuellement une situation très tendue avec mon bailleur et j’aimerais recueillir des avis de personnes ayant déjà vécu un conflit similaire.
Je suis locataire de mon appartement depuis six ans. Le logement présente depuis longtemps des problèmes d’humidité et de moisissures important. J’ai alerté à plusieurs reprises le bailleur puis réalisant que le DPE ne m'avait jamais été transmis j'ai demandé à mon bailleur qu'il soit réalisé.
Le 4 décembre dernier un diagnostiqueur mandaté par le bailleur est donc venu réaliser un DPE dans l’appartement. À l’issue de sa visite, il m’a indiqué que le logement était une passoire énergétique et qu'il était donc classé G. Depuis, malgré mes demandes répétées (mails et courrier recommandé), le DPE ne m’a jamais été transmis.
Entre-temps, le bailleur a procédé à une augmentation de loyer lors du renouvellement de mon bail (en février), alors même que le logement aurait été classé G selon le diagnostic réalisé. Cela m’interroge fortement, puisque les logements classés G sont en principe soumis à un encadrement strict en matière d’augmentation. L’absence de transmission du DPE rend la situation encore plus problématique et entretient un flou sur la conformité de cette hausse.
Parallèlement, le bailleur a lancé très rapidement des démarches pour réaliser des travaux d’isolation et de remplacement des fenêtres. Il faut préciser que ces travaux, je les ai moi-même sollicités au départ en raison de l’état du logement en hiver. Cependant, entre-temps, ma situation personnelle a changé : je suis désormais seule avec un bébé de quelques mois, le père étant parti, et je dois organiser seule toute la logistique quotidienne. L’entreprise mandatée pour les fenêtres a tenté de me contacter à partir du 12 février, à cette période, j’étais en pleine organisation avec mon nourrisson et confrontée à des difficultés personnelles liées à cette nouvelle situation familiale. Je n’ai répondu que le 27 février et dès ce premier échange, des dates m’ont été proposées pour début mars, avec une forte pression pour les accepter immédiatement, et menace de lettre d'avocat si je les refusais.
Les travaux prévus sont lourds (dépose complète des fenêtres et isolation de certains murs), avec bruit, poussière et présence d’ouvriers sur plusieurs jours. J’ai indiqué au bailleur que je ne refusais absolument pas les travaux, mais que j’avais besoin d’un délai d’environ un mois pour organiser une solution de garde pour mon bébé, car il m’est difficile de le maintenir sur place dans ces conditions. J’ai proposé une date à partir du 9 avril, date à laquelle ma mère pourra venir m’aider et garder mon enfant pendant l’intervention.
Malgré cela, le bailleur et l’entreprise mandatée ont exercé une forte pression pour imposer des dates en mars, notamment le 27 mars, soit le jour même où je suis convoquée à la Commission départementale de conciliation pour l’absence de transmission du DPE. Ils ont évoqué l’intervention d’un avocat et la possibilité de saisir la justice, laissant entendre que je tenterais de bloquer les travaux alors que je les ai moi-même demandés.
De mon côté, je ne refuse pas les travaux, je demande simplement un délai raisonnable d’organisation. Je précise que je n’ai jamais eu de retard de loyer en six ans, que je coopère et que je formalise tout par écrit.
Ma crainte est multiple. D’une part, que l’on tente de faire passer ma demande de délai pour un refus d’accès afin de constituer un dossier contre moi. D’autre part, que toute cette situation laisse une trace et puisse être utilisée à la fin de mon bail pour me donner congé sous un prétexte légal (reprise, vente, etc.), le marché étant extrêmement tendu dans ma zone.
Je me retrouve donc dans une position délicate : je souhaite aller au bout de ma démarche concernant le DPE, car j’estime être dans mon droit, mais je crains les représailles à moyen ou long terme.
Est-ce que certains d’entre vous ont déjà vécu une situation où un bailleur a exercé une pression pour imposer des travaux dans un délai très court ? Un délai d’un mois pour organiser la garde d’un nourrisson peut-il raisonnablement être interprété comme un refus ? Et pensez-vous qu’une telle situation puisse réellement être utilisée contre un locataire à l’échéance du bail ?
Merci d’avance pour vos retours d’expérience et vos conseils.
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2 réponses
Bonjour,
Vous ne devez pas abusivement bloquer les travaux nécessaires pour la décence du logement. Mais pour autant vous n'êtes pas à la disposition du bailleur et vous avez le droit de vous rendre aux convocations officielles ou d'avoir une vie privée. Ici les travaux n'ont pas d'urgence particulière, un délai d'un mois n'est donc pas abusif.
Ne vous laissez pas intimider par les menaces de prendre un avocat ou d'aller en justice : vu les délais (plusieurs mois pour avoir une audience au tribunal), les travaux seront finis d'ici là.
Proposez des plages de dates raisonnables par courrier recommandé.
Vous ne couperez pas au risque d'avoir un congé pour reprise ou vente. Le bailleur, s'il connaît la loi, pourra trouver à s'arranger pour que le congé ne soit pas bidon. A part vous faire conseiller par l'ADIL si le bailleur donne congé, il n'y a pas grand-chose à faire contre ce risque.
Bonjour,
En cas de travaux dans un logement loué, le bailleur a des obligations :
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31699
Avant le début des travaux, le propriétaire doit prévenir le locataire. Pour cela, il doit lui envoyer une notification par lettre recommandée avec accusé de réception ou la lui remettre en mains propres.
Cette notification doit préciser la nature des travaux (amélioration recherchée, caractère d'urgence, performance énergétique prévue...) et la façon dont ils vont être faits (date de début, durée, nécessité d'accès...).
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Puisque le DPE serait G, il est concevable que ces travaux d'amélioration ont pour objectif une amélioration énergétique. Vous ne pouvez pas les refuser, le délai que vous tentez d'exiger peut être perçu comme de l'obstruction. Trouvez une meilleure solution pour supporter ces travaux.
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Selon le code civil, si le logement devient inhabitable à cause des travaux vous pouvez seulement demander à résilier le bail.
Article 1724 du code civil
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000028806598
Si, durant le bail, la chose louée a besoin de réparations urgentes et qui ne puissent être différées jusqu'à sa fin, le preneur doit les souffrir, quelque incommodité qu'elles lui causent, et quoiqu'il soit privé, pendant qu'elles se font, d'une partie de la chose louée.
Mais, si ces réparations durent plus de vingt et un jours, le prix du bail sera diminué à proportion du temps et de la partie de la chose louée dont il aura été privé.
Si les réparations sont de telle nature qu'elles rendent inhabitable ce qui est nécessaire au logement du preneur et de sa famille, celui-ci pourra faire résilier le bail.
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Concernant la révision du loyer, elle n'est pas légale puisque l'article 17-1 de la loi 89-462 prévoit :
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000043977085
III. ― La révision et la majoration de loyer prévues aux I et II du présent article ne peuvent pas être appliquées dans les logements de la classe F ou de la classe G, au sens de l'article L. 173-1-1 du code de la construction et de l'habitation.
Conformément au IV de l'article 159 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, ces dispositions sont applicables aux contrats de location conclus, renouvelés ou tacitement reconduits un an après la publication de la présente loi.
Votre bail signé en 2020 (?) a été renouvelé en 2023 (?) et il est bloqué seulement à partir de ce renouvellement.
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Consultez votre ADIL pour plus de détails.