Investir pour être salarié
Capu58 -
Bonjour. J’ai un peu d’argent de côté et j’aimerais investir ou créer une entreprise avec des partenaires. Mon but est de travailler avec d’autres personnes en étant salariés et de pouvoir décider de notre travail de façon démocratique, cela sans spéculation et sans exploiter d’employés. Que me conseillez-vous ?
8 réponses
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Bonjour,
Le principe même du salariat c'est de ne pas être démocratique, en effet le salariat impose la notion de lien de subordination.
CB
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Il existe des lois
Et elles n’empêchent pas les gens de se faire arnaquer.. Je présentais l'affaire en disant que la démocratie serait retournée contre vous, et que votre argent serait détourné dans les règles, mais dans les faits, ça sera encore plus simple. Un (ou plusieurs) de vos partenaires prendront 'simplement' l'argent (après avoir pris en plus des prêts en votre nom), et disparaîtront dans la nature (probablement à l'étranger). Vous pourrez porter plainte, contre ces vils bandits, ça ne vous rendra pas votre argent.
un code du travail.
Qui globalement ne s'applique pas aux investisseurs ou aux cadres dirigeants. Et vous serez l'un et l'autre.
Une entreprise 'démocratique', on en parle aux infos une fois tous les 10 ans.. Une entreprise, systématiquement au bord de la faillite/dépôt de bilan, se retrouve 'démocratiquement' gérée par les employés, qui décident d'eux même de leur salaire. Une telle anomalie, c'est sûr que les journaux ne vont pas passer à coté... Et le simple fait qu'on parle d'une entreprise tous les 10 ans est déjà révélateur, mais on en parle toujours au moment de la mise en place. Jamais on ne présente une (grande) entreprise qui tourne comme ça depuis 5 ans.
Même dans les entreprises cotés, les investisseurs sont limités dans leurs pouvoirs, Tous les ans, en AG, ils votent pour un certain nombre de décisions, et en particulier pour l’élection d'un conseil d'administration, et d'un CEO. Qui auront tous les pouvoirs pendant un an.
Trois amis peuvent monter leur entreprise en triumvirat, avec chacun 33% des parts prenant leur décisions ensemble. Ca n’empêchera pas malgré tout que deux se retournent contre le troisième pour l’éjecter (y compris pour des raisons non professionnelles). Et surtout ce n'est pas extensible aux futurs employés.
Quand à mon conseil final, je le répète. Créer et tenir une entreprise est un métier à part entière, un métier qui nécessite des connaissances et compétences spécifiques.
De la même façon que je conseillerais à une personne voulant être mécanicien de savoir utiliser un tournevis, ou à une personne voulant ouvrir un resto italien de savoir cuire des pates, pour une personne qui veut créer son entreprise, mon conseil sera d'avoir les connaissances et compétences pour ne pas avoir à demander comment faire.
Si on vous donne un conseil catastrophique (mais agréable), saurez vous le distinguer d'un conseil raisonnable mais ne correspondant pas à ce que vous vouliez entendre ?
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Bonjour,
Mon conseil, toujours le même, sera d'avoir les compétences suffisantes pour ne pas avoir besoin de demander de conseil.
pouvoir décider de notre travail de façon démocratique
Et quand les trois autres se seront mis d'accord pour voter que tout l'argent que vous avez investit leur appartiens désormais, et que le vote passera à 3 contre 1, vous serez totalement d'accord.
Quand il sera décidé à 3 contre 1 que vous devez travaillez 70 heures par semaines alors que les autres travailleront 10, vous ne verrez aucun problème avec le processus démocratique.
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Bonjour,
Comme il vous l'a été indiqué, être salarié implique un lien de subordination avec l'employeur, à part le cas particulier du gérant salarié d'une entreprise.
Ce qui se rapproche le plus de ce que vous voulez faire est la SCOOP :
https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31328
Mais il ne faut pas rêver, ça reste une entreprise qui doit gagner assez d'argent pour payer les salaires et qui coule si elle est mal gérée. Et les salariés sont des associés comme les autres, si le bazar coule ils perdent leur capital en même temps que leur boulot. Le côté rigolo c'est que c'est l'investissement des salariés qui sert à financer leurs indemnités de licenciement.
Sinon, en laissant tomber l'idée du salariat, bah il suffit de créer une société de la forme qui vous plaira. La société n'aura que des actionnaires et pas de salariés, et vous faites écrire par un avocat les statuts qui vous permettront de concrétiser ce que vous entendez par "décider de notre travail de façon démocratique, cela sans spéculation et sans exploiter d’employés".
Pour vous conseiller plus en détail, il faudrait savoir si votre conception de la démocratie implique que la majorité puisse forcément imposer sa volonté à la minorité, ou si vous voulez que la minorité puisse bloquer les décisions de la majorité.
Il faudrait aussi savoir comment vous voudriez pouvoir répartir les bénéfices : en fonction du capital investi, en fonction du volume de travail fourni...
Et enfin il faudrait définir l'exploitation. Est-ce que le père de famille qui décide de prendre un congé parental de 3 ans pour s'occuper de son petiot tout en voulant palper sa rémunération "exploite" ses collègues ? Celui qui vient de traverser une rupture amoureuse difficile et souhaite partir deux mois en voyage pour se changer les idées ?
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Bonjour,
Vous avez mal lu ma question : je souhaite justement être salarié... mais investir dans l’entreprise
Je suis salarié de mon entreprise. J'en possède 1000 actions (bon, offertes au lieu d’investissement personnel, mais ça change rien), Pendant longtemps, ces actions ne déclenchaient pas de dividende, et mes seuls bénéfice étaient une éventuelle plus value.. ou moins value (j'ai perdu 100 000 euros de valorisation en une journée quand on s'est fait shorter).
Ces actions représentent une goutte d'eau (moins d'un pour mille), et en conséquences, mon pouvoir sur l'entreprise est négligeable. Tous les ans, j'ai le droit de voter pour reconduire mon pdg, et pour la proposition de son salaire définie par le conseil d'administration. Mais même si je votre contre, il ne se passera rien.
Le seul moyen de garantir avoir du pouvoir décisionnel vous permettant de faire 'ce que vous voulez' est d'apporter 51%. Vous pouvez apporter 40%, si les autres décident contre vous (y compris de vous licencier), et bien vous n'avez aucun pouvoir, aucun recours.
Vous êtes bien pessimiste
Non, je suis réaliste, je travaille depuis bientôt 30 ans, je sais comment se passe le monde du travail.Et vous de votre coté, vous n'êtes pas assez pessimiste, vous n'envisagez pas suffisamment les différentes situations pouvant se produire.
Ne peut-on pas décider de son propre travail ?
Globalement non. En tant que cadre, je dispose d'une certaine liberté dans mon travail comme l'indique l'heure de mes messages, j'ai malgré tout des objectifs hebdomadaires, mensuels et semestriels. Et mon chef viendra desfois me voir en me donnant des choses à faire tout de suite. Alors que j'ai plus de parts dans l'entreprise que lui.
Un entrepreneur isolé pourra avoir l'illusion de décider de son propre travail. Sauf qu'en vrai, à la fois la nécessité de gagner de l'argent, et ses propres clients seront ce qui décidera de son travail.
Les ignorants sont persuadés que les PDGs peuvent choisir ce qu'ils veulent faire. Mais comme indiqué, non seulement ils ont un conseil d'administration (et des actionnaires) à qui rendre des comptes, mais en plus, le travail s'imposera à eux et décidera ce qui doit être fait.Tout le monde n’est pas un voyou qui exploite les autres et part avec la caisse
Sauf que dans votre cas, il en suffira d'un seul. Et c'est pour éviter celui là que vous devez avoir les capacités d'analyser les situations.
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Le congé parental et les vacances ne sont pas de l’exploitation.
Je ne vous parle pas d'un congé parental indemnisé par les fonds public ou des congés payés accordés par la loi.
Pour éviter la caricature de l'affreux escroc qui exploitera ses camarades en glandouillant, je vous demande comment vous comptez gérer le cas d'un salarié qui pour un motif légitime voudrait arrêter de travailler quelques mois ou années mais a besoin de garder sa rémunération (l'indemnité versée par la CAF pendant le congé parental est une vaste blague).
Bref, vous envisagez de restreindre la liberté du salarié à "choisir son travail" ou de limiter les salaires de ceux qui travaillent pour pouvoir maintenir la rémunération de ceux qui ne bossent pas ?
Et encore plus prosaîquement, quel sort prévu pour le salarié devenu inapte à son poste et dont le reclassement n'est pas possible ? L'entreprise le met au chômage ou lui sert son salaire sous forme de rente jusqu'à la retraite ?
Le salariat n’est pas l’emploi. Le salariat est le fait de toucher un salaire. L’emploi nécessite un rapport de subordination.
Le salarié, c'est une personne payée par un employeur pour faire un travail en échange d'un salaire.
L'employeur peut bien sûr renoncer à certaines de ses prérogatives, dans le contrat de travail.
Mais pour avoir des salariés, il faut un employeur, qui est soit une personne physique (entreprise individuelle), soit une personne morale (société), représentée par un ou plusieurs gérants qui peuvent être salariés.
Il y a aura donc au minimum une personne qui aura légalement une certaine autorité sur les autres, notamment le pouvoir de les licencier.
Si on part sur un modèle où tout le monde est salarié, il faut donc une société. Il faut donc au moins un gérant et des actionnaires, c'est-à-dire des gens qui vont être propriétaires de parts en échange de leur apport (en argent, en nature ou plus rarement en industrie).
Le gérant assumera les responsabilités de l'employeur, les principales étant la gestion de l'entreprise et de veiller sur la santé et la sécurité des salariés. Il sera responsable de l'application du Code du travail, et cela peut passer par des mesures cohercitives.
Si un salarié harcèle un autre salarié, si un salarié ne respecte pas les temps de travail le gérant aura le devoir d'y remédier, si besoin en sanctionnant. Le gérant devra envoyer les salariés chez le médecin du travail, même si ça les gonfle.
Il n'est pas légalement possible de se planquer derrière une idée de fonctionnement démocratique pour permettre au gérant d'échapper à ses responsabilités. Si le gérant fait des erreurs lors de la gestion de l'entreprise, il peut être responsable sur ses biens personnels. S'il manque à certaines obligations, il peut aller en prison.
Dans une entreprise qui tourne bien, avec des gens responsables, on peut envisager un fonctionnement démocratique pour le recrutement, la répartition de certaines tâches, pour les congés...
Si l'assemblée générale des salariés décide qu'on peut travailler 70 heures une semaine sur deux (pour se reposer la semaine suivante), le gérant devra revenir à la bonne vieille dictature patronale. Si la harpie de service se fait harceler par le bon gars à l'humour "beauf" mais que tout le monde aime bien, le gérant devra passer outre l'avis de la majorité et protéger la victime en collant à la porte le coupable (je rappelle que toutes les victimes ne sont pas sympathiques, et que les déliquants peuvent être gentils et charmants).
Si l'entreprise va mal financièrement, le gérant devra décider qui perd son boulot, qui va perdre une partie de son salaire...
Enfin bref, le problème c'est que vous voulez cumuler les avantages du salariat et ceux de chef d'entreprise, sans en assumer les inconvénients. Ce n'est pas possible.
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Merci pour votre lien vers l’article sur les SCOP.
Pour répondre à vos questions :
Le salariat n’est pas l’emploi. Le salariat est le fait de toucher un salaire. L’emploi nécessite un rapport de subordination.
Il s’agit de travailler, et d’être salarié, pas d’être actionnaire.
La démocratie c’est, au minimum, que la majorité des voix l’emporte sur la minorité, dans un cadre prédéfini.
Les bénéfices peuvent être réinvestis, les salaires peuvent être augmentés.
Le congé parental et les vacances ne sont pas de l’exploitation.
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Bonjour,
Avec un petit budget, je pense qu'il vaut mieux avancer progressivement plutôt que d'investir tout de suite. Le plus important est de vérifier que ton idée fonctionne et que tu trouves tes premiers clients avant d'engager des dépenses importantes.
Pense aussi à bien t'organiser dès le départ. C'est souvent ce qui fait la différence quand l'activité commence à grandir. [...]
Je te souhaite bon courage dans ton projet !