Réattribution d’un don manuel par une donation-partage
Isadore Messages postés 2003 Date d'inscription Statut Membre Dernière intervention -
Bonjour,
Nous sommes une famille avec deux enfants.
En 2023, nous avons effectué un virement de 18 000 € sur le Livret A de notre fils, alors âgé de 8 ans. Nous pensons de verser ultérieurement le même montant sur le compte de notre fille. Il s'agissait de notre premier don simple envers nos enfants.
En janvier 2026, nous avons déclaré ce virement de 18 000 € comme don manuel au profit de notre fils, via mon espace personnel sur le site des impôts.
Récemment, notre notaire nous a recommandé d'établir une donation-partage, portant sur un projet immobilier, par acte notarié. Elle nous a indiqué qu'il serait possible, dans le cadre de ce même acte, de réincorporer le don manuel de 18 000 € déjà consenti à notre fils et d'en réattribuer la moitié (soit 9 000 €) à notre fille, afin de traiter nos deux enfants de manière égalitaire.
À ce sujet, nous souhaiterions avoir des précisions sur les points suivants :
Juridiquement, est-il possible et admissible de procéder à cette réattribution (9 000 € pour chacun) dans l'acte de donation-partage, sachant que le don manuel initial de 18 000 € a déjà été déclaré et enregistré au profit unique de notre fils ?
Ce type de montage (réincorporation d'un don manuel dans une donation-partage pour rééquilibrer les parts entre enfants) est-il courant en pratique notariale et fiscale ?
Nous vous remercions par avance pour vos éclaircissements sur ces points.
Merci de vos réponses
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9 réponses
Bonjour,
Si vous avez donné 18 000 euros à votre fils, il est illégal de lui en reprendre la moitié pour les donner à sa sœur. Et si vous le faites, le fisc ne va rien "rectifier".
Oui, il est possible d'inclure un don manuel antérieur dans une donation-partage, mais certainement pas de piquer ses biens à un enfant pour les donner à un autre.
Soit vous avez mal compris le notaire, soit il faut changer de notaire.
Oui, il est courant et tout à fait légal de reprendre une donation dans une donation-partage et faire à cette occasion un rééquilibrage entre les enfants.
Ne doutez pas du notaire tout à fait pertinent dans son rôle de conseil.
Bonsoir
J'ai pu sur les conseils d'une notaire, réintégrer des dons manuels, égalitaires, faits à mes enfants lors d'une donation partage.
Je ne sais pas si c'est courant mais cela me semble une sage précaution.
Merci.
Je ne sais simplement pas comment fonctionne le mécanisme du côté de l’administration fiscale.
Sachant que les 18 000 € ont déjà été enregistrés auprès de l’administration fiscale au profit de notre fils au titre d’un don manuel (qui ne peut pas être effacé), à la suite de notre déclaration électronique effectuée via l’espace personnel du site des impôts en janvier dernier, lorsque l’administration fiscale recevra l’acte notarié de donation-partage prévoyant la réattribution de 9 000 € à sa sœur, le don manuel 18000 € initialement consenti à notre fils sera-t-il automatiquement annulé ou rectifié ?
Le don déjà effectué ne sera remis en question, ni dans son attribution, ni dans sa taxation. Mais il sera repris dans l'acte de donation-partage. Il sera noté qu'il est revenu à tel enfant. La taxation restera ce qu'elle a été (utilisation de 18 000 € d'abattement en 01/2026).
Par contre, l'attribution du bien immobilier peut ne pas être de 50/50 entre les 2 enfants afin d"égaliser" les valeurs données à chaque enfant.
Doit-on comprendre qu'un seul bien immobilier est concerné par le projet immobilier ? Je fais cette hypothèse dans la suite.
Je pense que le notaire procèdera ainsi : réintégration de la donation de 18000€ dans la masse à partager, donation du bien en indivision 50/50, et paiement par votre fille d'une soulte de 9000€ à son frère. Pour éviter l'indivision inégalitaire.
Attention, une donation en indivision ne procède à aucun partage. La donation du bien immobilier en indivision n'est pas une véritable donation-partage, quand bien même l'acte notarié sera stipulé comme tel (jurisprudence constante). Ainsi, la donation sera rapportable au partage, et réévaluée au décès et au partage, contrairement aux véritables donations-partages qui ne sont ni rapportables ni réévaluées. Ainsi, la donation inégalitaire du bien pour faire compensation, sans soulte de rééquilibrage, pourrait avoir un inconvénient lors des successions, la réévaluation n'étant plus égalitaire (la donation d'argent restant au montant nominal).
Ainsi, la donation inégalitaire du bien pour faire compensation, sans soulte de rééquilibrage, pourrait avoir un inconvénient lors des successions
En effet ! Ce n'est pas le meilleur scénario.
Il est dès lors préférable de se tourner vers une soulte, et c'est peut-être ce que le notaire a prévu sans le dire expressément (ou l'info n'a pas été retenue). Il peut être décidé que la soulte sera versée ultérieurement (lors des successions par exemple).
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Il me semble logique qu’il ne soit pas possible de reprendre une partie du don manuel déjà consenti à notre fils pour en attribuer la moitié à notre fille.
Dans la pratique, la solution la plus simple consiste donc à verser le même montant, soit 18 000 €, à notre fille d’ici quelques années, également sous la forme d’un don manuel, afin de maintenir une égalité entre les deux enfants, sans réintégrer le don manuel de 18 000 € déjà consenti à notre fils dans une donation-partage par acte notarié.
Si j’ai bien compris, l’avantage principal de la donation-partage est de sécuriser définitivement la répartition des donations et de prévenir tout conflit ultérieur entre les enfants. Dans ce cadre, les enfants peuvent disposer librement des sommes reçues par donation-partage et en faire l’usage qu’ils souhaitent.
Si les deux enfants n’indiquent rien quant à l’usage de ces 18 000 € chacun en tant qu'un don manuel, cela n’entraîne-t-il aucun risque de conflit potentiel ?
En revanche, si les enfants déclarent et utilisent ces sommes pour investir dans des projets susceptibles de prendre fortement de la valeur à l’avenir (par exemple, le capital de leur société), dont le capital provient de don manuel de partent, cela peut poser un problème de fond : l’un des enfants pourrait-il, ultérieurement, demander une compensation en raison d’une différence de valorisation et invoquer un sentiment d’inégalité ou de jalousie ?
Est-ce que ma compréhension est correcte?
Il ne s'agit pas de "reprendre" un montant, donc de faire comme si la donation n'avait été que de 9000, et qu'il y a une nouvelle donation de 9000 à l'autre.
Il s'agit du paiement d'une soulte. C'est très classique dans les donations-partages. Par exemple, s'il n'y a qu'un seul bien qui vaut 100000 : le bien est donné à un seul donataire, à charge pour lui de payer une soulte de 50000 à l'autre donataire. Chacun des deux sera réputé avoir reçu 50000 au titre de la donation-partage.
Dans votre cas, la partie argent sera une vraie donation-partage. Les 18000 donnés sont réintégrés en tant que donation-partage où 18000 sont donnés à l'un (mais au titre d'un partage cette fois), à charge de payer une soulte de 9000 à l'autre. Peu importe le réinvestissement de cette somme, les montants 9000 seront figés.
En revanche, la donation du bien en indivision ne sera pas une vraie donation-partage, mais peu importe si elle est égalitaire, puisqu'elle restera égalitaire si réévaluation. Disons que cela peu avoir un impact sur la valeur de la réserve, en cas d'autres donations ultérieures mais inégalitaires, ou l'une hors part et pas l'autre.
Merci.
Je vous remercie pour votre réponse pertinente.
Sachant que mon fils a déjà utilisé 18 000 € de son abattement au titre d’un don manuel déclaré via le formulaire Cerfa n°2735, si nous procédons à une régularisation par une donation-partage chez le notaire en réattribuant 9 000 € à sa sœur afin d’assurer l’égalité entre eux :
Après cette régularisation par donation-partage chez le notaire, en cas de nouvelles donations ultérieures, est-ce que pour mon fils seul un montant de 9 000 € sera désormais pris en compte au lieu des 18 000 € initialement déclarés ?
Peut-on considérer que le don manuel initial est en quelque sorte « remplacé » par la donation-partage ?
En pratique, dois-je ouvrir un compte au nom de ma fille, puis transférer 9 000 € du compte de mon fils vers celui de ma fille ? Est-ce légal ?
Il n'y aura pas "réattribution" des 18 000 euros. Cette donation restera fiscalement inchangée.
Ce qui va se passer est que votre fils va verser une soulte à sa soeur lors de la seconde donation. Le montant de cette soulte sera déduite de la valeur des biens qu'il va recevoir.
Par exemple si vous donnez des bijoux valant 100 000 euros, votre fille va recevoir lors de cette seconde donation 59 000 euros de ses parents, 50 000 euros sous forme de bijoux et une soulte de 9000 euros de son frère. Fiscalement vous allez déclarer que votre fille a donc reçu 59 000 euros.
Votre fils va recevoir 50 000 euros de bijoux moins 9000 euros versés à sa soeur. Vous allez donc déclarer fiscalement une donation de 41 000 euros pour votre fils.
Il faudra en effet placer les 9000 euros sur le compte de votre fille. Dans le cadre d'une donation avec soulte, vous pouvez procéder au virement. Si la banque demande un justificatif, il suffira de produire l'acte notarié.
Merci, pour bien comprendre :
Si nous procédons à la prochaine donation dans 10 ans pour un montant de 30 000 € chacun (mon fils et ma fille), par un don manuel ou une donation-partage, pour mon fils, déclarera-t-on 21 000 € (30 000 € – 9 000 €) ? Et ma fille déclarera-t-elle 30 000 € ?
Si vous décidez de donner les 30 000 euros à chacun dans le cadre d'une donation-partage en y intégrant la donation déjà consentie à votre fils, charge à lui de verser une soulte à sa soeur :
- Matériellement votre fille recevra 21 000 euros de votre part et 9000 euros de son frère.
- Fiscalement elle déclerara la valeur de la donation reçue, soit 30 000 euros.
- Matériellement votre fils recevra 21 000 euros de votre part et versera une soulte de 9000 euros à sa soeur.
- Fiscalement il déclarera la valeur de la donation reçue, soit 12 000 euros (valeur des biens reçus moins montant de la charge grevant sa donation).
Au final chaque enfant aura reçu et déclaré 30 000 euros.
Evidemment la soulte n'aura d'intérêt que si vous donnez autre chose que de l'argent. Sinon il suffira de donner 12 000 euros à votre fils et 30 000 euros à votre fille.
Il ne s'agit pas de "reprendre", mais d'une soulte. Les soultes entre donataires existent dans les donations-partages.
Soit une soulte, soit un "rééquilibrage" avec un nouveau bien inclus dans la donation-partage.
Oui, une soulte est possible, mais ce n'est pas une "réattribution" tel que présenté dans le sujet.