Voisin sociopathe

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Bonjour,
Je suis propriétaire depuis 24 ans d'une petite maison. La façade nord de ma maison est longée par une allée qui se termine à l'ouest par le portillon d'un de mes voisins, et de chaque côté de ma maison (ouest et est), se trouvent des contre-allées de 80cm de large, qui font partie de mon terrain, isolent ma maison des terrains voisins et conduisent vers cette allée depuis mon jardin se trouvant au sud. Je suis censé avoir un droit d'accès à ma propriété par cette allée.

Il y a 6 ans environ, ce monsieur à racheté une servitude à un autre propriétaire, au nord, lui permettant d'élargir l'allée, d'y garer ses voitures (même s'il se vante de le faire sans en avoir le droit), de construire un portail monumental (qu'il utilise principalement pour sa moto puisque ses trois voitures sont maintenant garées sur l'allée devant mes fenêtres) et de bétonner tout ce qui pouvait encore l'être, allant jusqu'à faire déborder sa terrasse en contact avec mes murs sur environ 1m2 de mon terrain (coin nord-ouest) en recouvrant notamment mes canalisation d'eau (qui passent maintenant sous sa terrasse avant d'arriver chez moi), et de monter des murs qui touchent ma maison. Le tout évidemment sans me consulter.

Je n'ai pas constaté immédiatement, car cela se trouve à un endroit de mon terrain qui n'est pas immédiatement visible depuis chez moi.

Peu de temps après, j'ai essayé de prendre contact avec lui à un autre sujet, car un de ses chiens hurlait à la mort jour et nuit, en continu, pendant ses absences répétées (parfois pendant 1 à 2 semaines), depuis son portail littéralement collé à ma maison. Je n'ai essuyé que des "J'ai pas le temps" (je précise que ce monsieur ne répond généralement pas quand on lui dit bonjour).

Après avoir essayé de lui parler, de manière tout à fait courtoise, après lui avoir mis un courrier tout aussi courtois dans sa boîte aux lettres, j'ai fini par signaler la nuisance à la police municipale. Peu de temps après, je l'entends qui tambourine sur ma fenêtre en me gueulant dessus, en m'insultant, en menaçant de me frapper sur le pas de ma fenêtre, parce que j'avais osé appeler la police (devant les trois policiers municipaux postés là), me traitant de "minable", parce que soit disant "je joue du piano la nuit" (chose qui a dû arriver une fois, entre 22h et minuit, en 15 ans), parce que "j'ai des lumières allumées chez moi à 3 heures du matin" (ce qui signifie que je ne me lève pas comme lui à 6h, donc que je suis un bon à rien d'assisté qui ne travaille pas), parce que "je me plains au sujet de son chien alors que je ne dis rien au sujet des autres voisins dont les filles rient en jouant dans dans la piscine" (le voisin en question se trouve plus près de chez moi que de chez lui, et cela ne m'est jamais venu à l'esprit de m'en plaindre, car contrairement à lui, je n'ai rien contre les gens qui s'amusent, surtout les enfants), parce que "certains de mes amis sont noirs, donc immigrés", parce que, parce que... Bref parce que lui ne peut pas avoir quoi que ce soit à se reprocher.

J'en profite donc pour lui signaler que ses constructions sont illégales, qu'elles empiètent sur mon terrain, ce qu'il nie en bloc, que c'est "chez lui", sans argumenter, simplement parce qu'aucune règle ne peut s'appliquer à lui.

L'échange se termine par des menaces de mort : "Toi la prochaine fois que je te vois t'approcher de mon portail, je sors mon fusil" (la chasse est un de ses passe-temps) ou encore le geste très explicite de l'égorgement, le tout sous le nez des trois policiers municipaux, manifestement plutôt amicaux avec lui (ce monsieur est pompier, donc irréprochable ; pour information il est aussi connu pour être allé menacer de frapper le maire de ma ville dans son bureau, pour un PV de stationnement, ce qui lui a valu d'être transféré à la tête de la caserne de la ville voisine, d'un bord politique opposé que je vous laisse deviner).

J'ai demandé à l'un des policiers de faire le tour, pour savoir ce que je devais faire de ces menaces et de cette situation : "Ne vous inquiétez pas, c'est pas grave, vous n'avez qu'à aller le voir demain pour vous excuser avec une bonne bouteille."...

J'ai choisi d'aller plutôt enregistrer une main courante au commissariat, à laquelle je n'ai pas donné de suite, espérant naïvement que la situation allait s'améliorer.

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Depuis 6 ans, rien n'a bougé concernant ses constructions illégales. Nous nous évitons mutuellement. Quand il nous arrive de nous croiser accidentellement, l'être humain vaguement social que je suis a la faiblesse de tenter un "bonjour", mais il m'ignore royalement.

Je passe les détails sur le fait qu'il terrorise tout le voisinage dès qu'il en a l'occasion, car en plus de détester les gens, il déteste les arbres et donc, dès qu'une branche a l'audace de perdre une feuille sur sa magnifique allée en béton, le responsable est sévèrement sommé de discipliner sa végétation. Tout le monde semble se soumettre à sa loi sans broncher.

En revanche le fait que son portail électrique donne des coups de boutoir contre ma maison à chaque fois qu'il se ferme ou que mes murs tremblent dès qu'il claque la porte d'une de ses voitures illégalement stationnées dans l'allée, ne semble pas lui provoquer le moindre remord.

Récemment il a entrepris de construire un mur mitoyen à l'ouest de ma maison, sans m'en parler évidemment. Pour cela, il a retiré le grillage qui séparait nos deux propriétés et a placé un grillage provisoire afin de m'empêcher d'accéder chez lui, mais aussi à ma contre-allée, qui lui sert actuellement de débarras : c'est tellement plus pratique de balancer la terre chez le voisin que de souiller sa pelouse immaculée. Pour info, la même contre-allée côté est lui sert de local poubelle.

Je lui ai dit "bonjour". Il n'a pas répondu. Je lui ai répété "bonjour". Il a daigné éructer un "bonjour" qui ressemblait davantage à un râle de douleur (car il n'était pas seul ce jour là et ne voulait probablement pas passer pour un sauvage devant sa nouvelle petite amie, qui n'a probablement pas encore réalisé où elle était tombée...). J'ai demandé bêtement "Vous construisez un mur ?", réponse "oui", tout aussi pénible et lugubre que le "bonjour" précédent. Fin de la discussion.

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Voilà où nous en sommes.

Merci à vous si vous avez eu le courage de lire jusqu'ici. La raison pour laquelle je poste ce message, c'est que je me rends compte que cette situation me bouffe de l'intérieur depuis plusieurs années, et je ne sais plus comment la gérer.

Une partie de moi veut croire encore en l'espoir d'un dialogue, mais j'ai surtout l'impression que face à ce genre d'individu, la recherche d'une conciliation est un aveu de faiblesse et un encouragement à poursuivre son comportement pervers. Et cela affecte mon estime de soi.

D'un autre côté, je lis des choses assez inquiétante concernant les "personnes à trouble antisocial" (autrement dit les "sociopathes"), leur capacité à être violents, à n'avoir ni peur ni remords, et cela colle tout-à-fait à ce que ce monsieur m'a montré de sa personnalité, tout en me rappelant qu'il est armé et qu'il ne craint aucune autorité (d'après son comportement devant la police).

Avez-vous eu à faire à ce genre de situation ? Est-ce que cela doit nécessairement se régler devant des tribunaux ? Est-ce qu'il faut obligatoirement se résoudre à vivre à proximité d'un voisin toxique et dangereux ? Est-ce que la seul solution est de déménager ?

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Bonjour

Etre pompier n'autorise pas tout. Et là on dirait qu'on lui liasses les coudées franches. Il semble, à la lecture de tout cela, que la conciliation soit chose improbable et plus sûrement impossible.
Il aurait fallu, déposer deux plaintes: l'une contre cet individu qui vous a menacé de mort et l'autre contre les policiers municipaux qui l'ont laissé dire et faire sans esquisser le moindre geste.

Vous avez le choix de déménager. Ce qui paraît être la solution la plus simple. Sauf pour l'estime de soi...

Vous avez la possibilité de saisir la mairie afin de faire constater les construction illégales. L'article L480-1 est explicite à ce sujet :"Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès verbal.

Copie du procès-verbal constatant une infraction est transmise sans délai au ministère public."


Cependant, cela laisserait la possibilité au voisin de régulariser la situation par le dépôt des dossiers correspondants, et envenimerait forcément les choses par la suite. Or, il parait là aussi, peut probable que la commune fasse quoi que ce soit.
Non seulement cela envenimerait les choses mais aussi risquerait de le conforter dans son attitude.

Enfin, vous avez la possibilité de saisir la justice civile pour tout ce que vous avez expliqué. Avec tout le côté long et aléatoire de la procédure et sans aucune certitude d'obtenir gain de cause. Sauf d'avoir des relations forcément plus dégradées...