Voir son enfant durant la semaine de garde de l'autre parent
Papasolo -
Bonjour,
Après une séparation compliquée et la volonté de mon ex-femme de me priver de ma fille, nous sommes en garde partagée suite à décision du juge.
J'ai une relation assez forte avec ma fille de presque 12 ans, elle est aussi autonome et nous lui avons toujours laissé beaucoup de liberté. Pour finir le décor, nous sommes actuellement voisins (maisons mitoyennes).
Ma question est la suivante : dans le régime de la garde partagée, le principe est de respecter la semaine de garde de l'autre parent sans interférer sur son organisation. Le jugement rappelle aussi que "les parents doivent permettrent les échanges de l'enfant avec l'autre parent dans le respect de cadre de vie de chacun". Or pour le moment, mon numéro est bloqué sur le téléphone de ma fille. De plus, comme nous sommes voisins, il arrive que je croise ma fille mais je comprends bien qu'elle craint que sa mère nous voit car elle doit le lui interdire. Y a-t-il une interdiction totale à voir son enfant quand c'est la semaine de l'autre parent ?
Plus précisément dans mon cas, ma fille est très autonome et libre, va souvent se promener seule. Ai-je le droit de passer 5 minutes avec elle si je la croise ? A-t-elle le droit de passer me voir 5 minutes pour me dire bonjour ?
Je précise que je sais et n'ai aucune intention d'interférer avec son cadre de vie, qu'il s'agit simplement de rencontre occasionnelle et non impactante sur son quotidien.
Merci d'avance pour vos réponses
- Voir son enfant durant la semaine de garde de l'autre parent
- Smic 24h semaine - Accueil - Juridique et social
- Placer son enfant difficile - Forum garde d'enfants
- Garde alternée semaine paire pour le père - Forum garde d'enfants
- Placement en foyer pour enfants désobéissant ✓ - Forum Famille et Jeunes
- Cerfa garde enfant - Guide
7 réponses
Bonjour
Le principe est simple : votre fille est mineure est soumise à l'autorité de sa mère quand elle est chez elle jusqu'à sa majorité .
Son temps libre est donc régi par sa mère et ce serait fort préjudiciable pour elle que vous lui fassiez croire le contraire .
Si vous voulez la voir vous demandez donc à la mère .
La mettre délibérément dans un conflit de loyauté quand c'est la semaine de la mère ne peut que lui nuire .
Bonjour,
Vu la proximité de vos logements, une rencontre inopinée n'a rien d'illégal.
Par contre si vous ou votre fille instaure un rituel de rencontre "comme par hasard", ce serait un contresens pas rapport au respect que vous proclamez.
Faites savoir à votre fille qu'elle vous met en tort si c'est elle qui vient vous voir intentionnellement. Elle doit comprendre à son âge la notion de garde partagée.
Evitez (sauf urgence vitale) les échanges quand ce n'est pas votre semaine et tout ira bien.
Merci pour votre réponse.
Il n'y a aucun rituel.
Simplement une proximité géographique et une relation forte entre que sa mère a restreinte pour ne pas dire coupée pendant 8 mois...
Vous parlez de la notion de garde partagée. Quelle est-elle précisément ? La partie du jugement que j'ai citée parle de permettre les échanges entre enfant et autre parent. De quelles natures peuvent-ils être ? (rappel : mon numéro est bloqué par la mère sur le téléphone de ma fille par exemple)
Je cherche à comprendre. Je respecte entièrement le cadre de vie et enjoins ma fille à cela, mais sur le temps libre de l'enfant, quelle est sa liberté ? Bien qu'elle n'ait que 11 ans, elle est déjà autonome mais qu'en sera-t-il à 14-15 ans ?
Merci encore.
Merci pour votre réponse.
J’entends votre besoin de rappeler le respect du cadre et je voudrais vous rassurer : je ne veux absolument pas interférer lors de la semaine de la mère. Je ne l’ai jamais fait ni actions cachées.
Je n’ai jamais remis en cause le cadre de vie et l’autorité de la mère. Je dis à ma fille de respecter les règles édictées par la mère.
L’ordonnance du juge mentionne pourtant que “les parents doivent [...] permettre les échanges de l’enfant avec l’autre parent dans le respect du cadre de vie de chacun” et c’est ce point là que je voudrais comprendre car il n’est pas respecté par la mère.
Elle a décidé d’appliquer la garde alternée comme “une semaine, le père n’existe pas, une semaine la mère n’existe pas” :
-
elle a ignoré sa fille dans le magasin quand ce n’était pas sa semaine…
-
elle me demande de faire la même chose… Je ne crois pas que ce soit sain pour l’enfant
-
elle a bloqué mon numéro sur le téléphone de ma fille
-
je n'ai pas pu voir le spectacle de fin d’année de notre fille ce dimanche
-
elle m’a reproché d’être chez ma mère quand notre fille y est passé (je précise évidemment que ni ma mère ni moi ne savions que ma fille passerait)
Concernant le temps libre de ma fille, celle-ci est autorisée par sa mère à sortir et se promener seule (depuis déjà très longtemps). Elle le fait souvent. Dois-je l’ignorer si je la croise ? Ou plus naturellement, puis-je lui parler quelques minutes ? (sans enfreindre donc le cadre de vie établi par la mère)
Enfin, je tiens à préciser que je n’ai jamais mis (à ma connaissance) ma fille en conflit de loyauté puisque je me retrouve régulièrement à défendre les décisions (pourtant critiquables à mon sens) de la mère auprès de ma fille car je ne veux pas que nos difficultés parentales retombent sur notre fille…
Vous n’avez pas trouvé la réponse que vous recherchez ?
Posez votre questionBonjour,
Juridiquement, il n'y a aucune forme de contact interdite avec votre fille.
En pratique, c'est vous qui avez fait une fille avec cette dame. Si elle est aussi désagréable que vous le sous-entendez, en cas d'erreur de jugement de votre part c'est votre fille va trinquer.
Votre fille vit une semaine sur deux avec sa mère... agissez de la manière qui lui rendra cette période aussi agréable que possible.
Il y a une étape possible entre ignorer quelqu'un et entamer la discussion avec lui : c'est le saluer et lui faire un sourire.
Quant à vos "difficultés parentales", ne vous faites pas d'illusions : votre fille n'est ni aveugle ni idiote. Les parents boivent, les enfants trinquent.
Merci beaucoup pour votre message.
J'entends que juridiquement, comme souvent, ça reste flou.
Vous avez raison, et je n'ai pas pris le temps de le préciser avant, ce n'est que ma version des faits, je ne demande pas qu'on me croit sur parole, c'est pourquoi j'avais espéré un cadre juridique plus précis.
J'essaie de faire au mieux pour ma fille comme vous le dites. Je fais ma part mais je fatigue et doute parfois...
Oui, je peux lui dire "bonjour" dans le monde idéal mais actuellement, si elle dit m'avoir rencontré, je reçois un mail disant que je l'ai prise 2h avec moi et qu'il faut que je respecte la semaine de garde... C'est pour cela que j'espèrais un cadre juridique précis...
Enfin, vous avez raison, ma fille trinque et je ne sais pas jusqu'où elle boit la tasse, nous le saurons dans quelques années et cela me désespère...
Merci encore pour votre message, j'y ai perçu de la compassion.
Il y a beaucoup de sous-entendus dans vos messages.
La phrase du jugement que vous citez "non respectée par la mère" est une directive d'ordre général dans laquelle s'inscrit le partage précis qui a été déterminé par les semaines attribuées à chacun.
Vous ne pouvez certainement pas exiger de téléphoner à votre fille ou d'être appelé par elle à tout moment de la semaine de la mère. Certains jugements fixent des créneaux horaires précis à cet effet, mais ce n'est apparemment pas votre cas.
Si "par hasard" vous croisez votre fille dans un magasin ou chez un tiers, vous avez évidemment le droit de lui dire bonjour : vous n'êtes pas des inconnus. Mais votre comportement doit être minimal et sans papoter plusieurs minutes.
Le spectacle de fin d 'année est libre pour tous les parents : vous n'aviez pas connaissance de la date ? ou la mère vous a interdit d'y aller ? et vous vous êtes incliné pour le bien de votre fille !
Car tout conflit entre les parents soit blesse les enfants soit leur donne des armes pour contester l'autorité, et au final c'est nuisible.
Vous devriez poser vos questions à l'avocat qui connait le mieux votre dossier et le jugement dans son ensemble.
Oui, des sous-entendus car je ne veux pas tout dire et essayer de rester sur des faits symptomatiques. Je vous accorde également que ce n'est que ma version, bien entendu.
La phrase du jugement s'inscrit parmi deux autres (décisions importantes à prendre ensemble, informations réciproques) et complète une garde partagée classique sans détails (pas d'année paire-impaire, pas d'heure mais seulement un jour pour le changement de semaine). Je ne suis pas juriste mais il me semble qu'elle dit bien (et j'en serais plutôt d'accord) que l'enfant (qui n'a que 11ans) doit pouvoir garder le contact avec l'autre parent.
Et bien sûr, je n'ai aucune exigence. Je ne parle que de contacts occasionnels et souvent très courts. La privation actuelle de la mère incitant sans doute ma fille à le vouloir davantage...
"votre comportement doit être minimal et sans papoter plusieurs minutes." Là je ne comprends pas vraiment. Est-ce juridique ou votre point de vue ? Car en quoi une discussion minimale serait moins perturbante pour l'enfant qu'une discussion classique, un câlin etc. ? En quoi cette discussion serait une atteinte au cadre de vie global établi par la mère ? puisqu'elle ne perturberait pas le rythme de l'enfant.
Pour le spectacle de ma fille, je me suis mal exprimé, je me suis incliné pour le bien de ma fille au regard des messages de sa mère.
Mon avocate m'a très bien défendu mais à le petit défaut de ne pas être très réactive ;) (très occupée!), j'attends sa réponse. Pour information, elle m'avait conseillé de faire une demande de garde exclusive au regard du dossier mais j'avais refusé. Si je veux garder un lien fort avec ma fille, je souhaite aussi qu'elle le garde avec sa mère.
Enfin, j'entends parfaitement dans vos conseils la volonté de protéger l'enfant. Je dirais que, hélas, à partir du moment où c'est juridique, c'est mal parti quoiqu'il en soit car il s'agit de relations humaines et elles ont besoin d'une souplesse que n'offre pas le juridique. Je connais des couples séparés en bons termes, dont les enfants appelaient l'autre parent tous les soirs sans que cela ne pose de soucis ; au contraire, je pense que les enfants ont alors reçu une affection plus saine malgré la souffrance de la séparation. Nous n'y parvenons pas... pour le moment... Je ne désespère pas que la tempête se calme.
Parenthèse : je ne peux m'empêcher de penser que le juridique a aussi ses limites. Dans l'application stricte que vous me conseillez, cela privent une fille et son père d'une relation forte existante (je ne vous demande pas de me croire, imaginez simplement le cas). Il m'est arrivé de partir une semaine pour le travail, parfois même seulement deux jours. Nous échangions alors beaucoup de messages, nous nous appelions plusieurs fois le soir, notamment au moment du coucher (j'ai toujours été celui qui la bordait). A l'époque personne n'aurait critiqué ce temps passé "au détriment" de la mère. Maintenant, si, alors que c'est la même petite fille et le même père. Fin de la digression, j'ai pensé à voix haute.
Je précise encore que ce n'était pas l'objet de ma question initiale, j'ai déjà fait une croix (que j'espère indolore pour ma fille) sur ces moments ; dans le cas présent, je voulais juste connaître le droit.
"à partir du moment où c'est juridique, c'est mal parti "
Alors vous n'avez pas choisi le bon forum....
La justice est là pour préserver les droits des deux parents et en cas de séparation pour définir un équilibre entre des demandes contradictoires, et ceci dans l'intérêt des enfants.
En garde partagée ou même avec une résidence principale et DVH pour l'autre parent, le cloisonnement est nécessaire si l'un des parents essaye de grignoter insidieusement la période de l'autre. C'est pourtant simple à comprendre.
Mais personne ne vous interdit de saisir à nouveau le JAF pour statuer sur les rencontres inopinées, sur l'usage du téléphone et les fêtes d'école... Toutefois consultez votre avocat avant de vous planter.
Merci pour votre réponse.
J’entends de nouveau votre besoin de défendre le respect du partage de la garde. Et je suis d’accord avec vous. Vous avez raison.
Vous avez perçu chez moi, et peut-être cela fait-il résonance avec votre expérience (au sens large), un risque de non respect de la garde partagée. Vous semblez prendre comme prémisse un grignotage de la période de l’autre, ce qui n’est pas mon cas.
Je vous remercie d’avoir précisé ce point, vous avez raison.
Ma question initiale portait sur un second élément du jugement : le respect de chacun des échanges de l’autre avec l’enfant. J’espérais un cadre précis car en souffrance actuellement, et Isadore m’a répondu sur ce point, je l’en remercie encore.
Je confirme en outre que pour le bien-être de l’enfant, passer par le juridique est intrinsèquement la preuve d’un premier échec et que tout accord amiable me parait plus sain.
Enfin, c’est votre droit de penser que c’est simple à comprendre, hélas, je ne suis pas juriste et ça ne me parait pas si simple.
Merci encore pour vos conseils.