Que devient votre PER obligatoire lorsque vous quittez votre entreprise ?

Que devient votre PER obligatoire lorsque vous quittez votre entreprise ? Vous quittez votre entreprise et vous ne savez pas ce que va devenir votre PER obligatoire ? Voici ce que deviennent vos droits, entre transfert possible et règles de sortie plus strictes qu'ailleurs.

Vous quittez votre entreprise. Nouveau poste, licenciement, rupture conventionnelle, peu importe la raison. Et là, une question surgit, souvent tardivement : votre PER (Plan d'Epargne Retraite) obligatoire, celui que votre employeur alimentait chaque mois sans que vous y touchiez vraiment, qu'est-ce qu'il devient ? Est-ce que vous perdez ce que vous avez cotisé ? Est-ce qu'il faut le transférer dans l'urgence ? La réponse tient en une phrase rassurante : rien ne disparaît. Mais entre laisser le contrat où il est, le transférer ou attendre la retraite, plusieurs chemins s'offrent à vous, et ils ne se valent pas tous. On fait le point pour vous aider.

Vos droits restent acquis, quel que soit le motif du départ

Dès que vous quittez l'entreprise, les cotisations s'arrêtent net. Ni l'employeur ni vous (si votre part était aussi prélevée) ne versez quoi que ce soit de plus sur ce contrat. Le compte n'est donc plus alimenté. Mais tout ce qui a été versé pendant votre période dans l'entreprise reste à vous, définitivement, et ce, peu importe pourquoi vous partez. Démission, licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD, départ à la retraite : le motif n'a aucune incidence sur vos droits.

Votre capital continue même à fructifier, exactement comme avant, selon les supports choisis à l'origine (fonds euros, unités de compte, gestion pilotée). Vous ne perdez rien, vous ne récupérez rien non plus dans l'immédiat : le contrat continue simplement sa vie, en silence, jusqu'à ce que vous décidiez d'agir ou d'attendre la retraite.

Trois options s'offrent à vous

Votre capital reste acquis, mais une question perdure : qu'est-ce que vous pouvez en faire ? Trois chemins sont possibles.

Vous pouvez d'abord ne rien faire et laisser le capital sur le contrat existant, chez votre ancien employeur. C'est l'option par défaut, celle qui ne demande aucune démarche. Et contrairement à une idée reçue, ça ne veut pas dire subir des frais élevés sans le savoir : chez Malakoff Humanis par exemple, le PER obligatoire s'appuie sur un fonds euro dédié à la retraite professionnelle, avec des frais de gestion réduits par rapport à un contrat classique. De quoi laisser tranquillement fructifier son épargne, sans avoir à se poser la question de la transférer dans l'urgence.

Deuxième piste : transférer ce capital vers un PER individuel, ouvert de votre côté auprès d'une banque, d'un assureur ou d'un courtier en ligne. Vous reprenez la main sur les supports d'investissement et sur les frais, ce qui peut faire une vraie différence sur le rendement à long terme.

Troisième cas, plus spécifique : si votre nouvel employeur propose lui aussi un PER obligatoire, vous pouvez y transférer vos anciens droits, à condition que les deux contrats soient de même nature fiscale et sociale. Cette option a un mérite : elle centralise votre épargne retraite d'entreprise au même endroit, plutôt que de la disperser entre plusieurs anciens employeurs au fil de votre carrière.

Le transfert, mode d'emploi

Vous avez décidé de transférer ? Bonne nouvelle, mais une précision s'impose d'abord : ce transfert, vous ne pouvez pas le déclencher n'importe quand. Tant que vous êtes dans l'entreprise, le PER obligatoire reste bloqué à cet endroit, puisque l'adhésion elle-même est imposée. C'est votre départ qui débloque la possibilité de le transférer.

Une fois parti, la démarche revient à votre nouvel établissement d'accueil (le PER individuel ou le nouveau contrat d'entreprise). C'est lui qui se charge des formalités auprès de l'ancien assureur, vous n'avez pas à gérer les deux interlocuteurs. Il vous suffit d'en faire la demande, avec les justificatifs demandés.

Les frais, eux, dépendent de l'ancienneté du contrat d'origine. Plus il est ancien, moins ça coûte, jusqu'à devenir gratuit au-delà d'un certain seuil. En dessous, comptez un pourcentage plafonné de la provision constituée. Un détail qui vaut la peine d'être vérifié auprès de votre gestionnaire avant de vous lancer, les seuils exacts variant selon les contrats.

Un cadre plus rigide que le reste de votre épargne retraite

Que vous quittiez l'entreprise pour transférer votre PER ou pour le laisser où il est, une chose ne change pas : vous ne pouvez pas récupérer cet argent avant la retraite. Contrairement à d'autres formes d'épargne retraite, aucune situation de vie ne permet d'y toucher plus tôt. Achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage : ces cas ouvrent normalement droit à un déblocage anticipé sur d'autres contrats, mais pas sur celui-ci.

Et même à la retraite, la sortie reste encadrée. Par défaut, ce capital se transforme en rente viagère, versée chaque mois jusqu'à votre décès. Vous ne choisissez pas librement entre capital et rente, contrairement à d'autres dispositifs. Seule exception : si le montant de la rente calculée est trop faible pour être vraiment utile (autour de 110 euros par mois), l'assureur peut accepter une sortie en capital.

Reste une chose à retenir : cette épargne constituée sans effort, versement après versement, pendant que vous travailliez, ne demande maintenant qu'à continuer à fructifier. Que vous restiez sur ce contrat ou que vous le transfériez vers un nouvel employeur qui propose le même type de dispositif, l'essentiel est de ne pas le perdre de vue. Un PER obligatoire, même contraint dans ses règles de sortie, reste un levier de constitution de capital retraite que pas assez de salariés pensent à valoriser une fois qu'ils ont quitté l'entreprise qui l'a mis en place.

Découvrir le PERO de Malakoff Humanis.

Pension et retraite