DROIT - Donation manuelle

Pauline -  
Isadore Messages postés 3121 Date d'inscription   Statut Membre Dernière intervention   -

Bonjour,

Mon père a fait un don manuel à ses 3 enfants de 40 000 euros avec pour condition d'investir dans un bien immobilier. Cette donation a été réalisée à des dates différentes (selon les projets immobiliers des uns et des autres). Il a exigé que cette donation soit mentionnée dans l'acte de vente et reprise pour les autres achats en cas de revente du bien.

Voilà, tous ont respecté sa volonté sauf un, bien qu'il se soit engagé par écrit auprès de mon père à le faire en mentionnant qu'il le ferait dans les mêmes conditions que les autres. (Ce courrier a été retrouvé au moment de son décès et jamais mentionné par l'enfant en question)

Au décès de mon père, le dit enfant a indiqué au notaire en charge de la succession qu'il n'avait pas investi cette somme dans un bien, mais utilisé pour dépenses courantes. Aujourd'hui il récupère donc de l'argent sur les plus values engendrées par les biens des ses frères (revalorisation du don à chaque vente et achat).

Il semblerait que nous n'ayons pas le droit de demander des éléments sur la tracabilité de cette donation au moment de la succession puisque c'est un don manuel et que l'exigence d'investissement n'a pas été faite devant notaire.

Après recherche j'ai vu qu'il avait fait un achat immobilier via sa SCI et ce plusieurs mois avant la demande de donation, puis après des petits investissements de terrain ne permettant pas ainsi de faire un quelconque lien avec la donation et un investissement immobilier. 

Pour finir, je vous sors le "joker", le dit enfant est marié à un notaire, et tous les biens achetés le sont via une SCI !!!  un très bon professionnel. 

Nul n'est censé ignorer la loi nous a t-il indiqué

Y a t-il une action possible à tenter ? 

Merci pour votre retour

2 réponses

  1. Rambotte
     

    Bonjour.

    La donation étant manuelle, la clause n'est pas écrite par le donateur, et donc la condition n'est pas loin de ne pas avoir d'existence. Je ne suis pas certain que la lettre de votre frère puisse être une preuve indirecte de l'existence de la clause.

    Cherchez plutôt un accord amiable avec ce frère ou cette sœur pour dire que toutes les donations seront simplement rapportées pour leur montant, ce qui maintiendra l'égalité. A l'amiable, on peut déroger au code civil.

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  2. Isadore Messages postés 3121 Date d'inscription   Statut Membre Dernière intervention   2 882
     

    Bonjour,

    Les engagements moraux ont une valeur morale, mais pas juridique. 

    bien qu'il se soit engagé par écrit auprès de mon père à le faire en mentionnant qu'il le ferait dans les mêmes conditions que les autres

    Le seul cas où ce document pourrait être pertinent, c'est si votre frère reconnaît l'existence d'une condition imposée au moment de la donation. 

    S'il se contente de raconter à votre père qu'il va imiter le reste de la fratrie pour lui faire plaisir, ça ne marchera pas. Votre frère avait le droit de disposer de son argent à sa guise. 

    Je mentionne aussi la piste de l'obligation naturelle née de "l'exécution volontaire ou de la promesse d'exécution d'un devoir de conscience envers autrui."

    https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032006706

    Mais bon, comme il ne s'agit pas d'un vrai "devoir moral" comme de porter secours à un proche dans le besoin ou exécuter les derniers voeux d'un mourant (legs verbal)...  Disons que personnellement je n'investirais même pas dans une consultation d'avocat, et que je ne défendrais pas cela devant un tribunal. 

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