La taxe foncière de nombreux retraités est trop élevée : voici ce qu'il faut vérifier pour la faire baisser
Comme chaque année à la rentrée, les millions de propriétaires retraités découvrent le montant de la taxe foncière qu'ils devront payer à l'automne. Une dépense qui représente un trou dans les finances personnelles de beaucoup, encore plus avec la hausse observée depuis 5 ans, le montant moyen de la taxe foncière ayant augmenté de 35 % pendant cette période selon les dernières données publiées par l'administration fiscale. Néanmoins, une partie des retraités bénéficient d'avantages directs réduisant le coût de leur taxe foncière, souvent sans le savoir.
Rappelons en effet que, selon leur âge, les retraités peuvent bénéficier d'une exonération ou d'un dégrèvement. Ces derniers sont accordés sous conditions de ressources. Or, ces dernières tiennent compte du revenu fiscal de référence (RFR), directement calculé à partir des données transmises à l'administration fiscale lors de la dernière déclaration de revenus adressée au printemps. Un simple oubli dans la déclaration peut ainsi gonfler artificiellement cet indicateur et faire sauter les avantages fiscaux liés à la taxe foncière. L'avis récemment reçu par un retraité peut donc comporter un montant plus élevé que ce que doit réellement ce dernier.
Les conséquences de ces étourderies sont bien réelles lors de la réception de l'avis de taxe foncière. Dès 65 ans, un RFR inférieur au seuil fixe permet de bénéficier d'une réduction forfaitaire de 100 €. À partir de 75 ans, le même respect du plafond offre une exonération totale de la taxe sur la résidence principale. Les plafonds de revenus pour bénéficier de ces avantages sont les suivants. Ils doivent être comparés avec le RFR indiqué sur l'avis d'imposition reçu cet été.
| Nombre de parts fiscales | Plafond de RFR à ne pas dépasser |
| 1 part (personne seule) | 12 793 € |
| 1,25 part | 14 501 € |
| 1,5 part | 16 209 € |
| 1,75 part | 17 917 € |
| 2 parts (couple) | 19 625 € |
| Par demi-part supplémentaire | + 3 416 € |
| Par quart de part supplémentaire | + 1 708 € |
En laissant filer leur RFR à cause de données mal renseignées ou de mauvais choix fiscaux, des milliers de séniors se voient réclamer des sommes dont ils auraient dû être exemptés. En pratique, voici les principales erreurs à vérifier par les retraités proches des seuils indiqués ci-dessus.
La première inattention concerne les pensions de retraite préremplies. Beaucoup de foyers valident les montants affichés mécaniquement. Or, les caisses de retraite transmettent parfois des sommes erronées ou intègrent à tort des prestations non imposables ou des rattrapages d'années antérieures. En ne vérifiant pas ces montants par rapport aux attestations fiscales annuelles fournies par les régimes de base et complémentaires, le contribuable risque d'accepter une base imposable surévaluée. Ce surplus de revenus déclarés vient augmenter le RFR et peut faire franchir le plafond légal qui donne droit aux aides.
La deuxième erreur réside dans l'oubli des charges déductibles, en particulier les pensions alimentaires versées aux enfants ou petits-enfants dans le besoin. De nombreux retraités soutiennent financièrement leurs descendants pour leurs études ou leur recherche d'emploi sans penser à inscrire ces montants dans leur déclaration. Ces sommes viennent pourtant se retrancher directement du revenu global. Ne pas les déclarer prive le ménage d'une baisse mécanique de sa base imposable, "gonflant" ainsi le RFR.
Enfin, le dernier point concerne les retraités titulaires d'une assurance-vie. S'il est malheureusement trop tard pour rectifier cette erreur en 2026, mieux vaut la connaître pour les prochaines années fiscales. Lorsqu'un retraité effectue un retrait sur un contrat de plus de 8 ans, les gains sont soumis par défaut au prélèvement libératoire. Même si ces gains bénéficient d'un abattement annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), les montants réintégrés par défaut dans les cases PFU peuvent impacter le RFR. Pour un ménage peu ou pas imposable, il faut vérifier l'intégration au barème afin de maximiser l'effet des abattements sur le revenu global retenu pour le RFR.
Pour les retraités qui dépassent de peu les seuils liés au dégrèvement et à l'exonération de taxe foncière, mieux vaut donc vérifier et/ou anticiper ces différents points. Avec une vraie économie d'impôt à la clef.