Placements : l'assurance-vie désormais plus intéressante que le livret d'épargne populaire ?

Placements : l'assurance-vie désormais plus intéressante que le livret d'épargne populaire ? Le gel du taux du LEP jusqu'au 1er février 2027 rend ce placement moins attractif face à l'inflation, alors que le rendement attendu des contrats d'assurance-vie en 2026 augmente par rapport à l'an dernier.

En dépit de la forte hausse des carburants que subissent les Français, la rémunération du livret d'épargne populaire (LEP) n'a pas augmenté cette année. Depuis le 1er février, le taux d'intérêt annuel de ce placement réglementé détenu par plus de 12 millions d'épargnants est ainsi figé à 2,5 %. Et ce alors que ce livret défiscalisé est présenté comme étant destiné à protéger l'épargne des ménages aux revenus les plus modestes face à la hausse des prix.

Financièrement, ce gel a plusieurs conséquences. La première : les intérêts réels du LEP, c'est-à-dire ceux nets de l'inflation, diminuent en 2026 en raison de l'augmentation des prix portée par celle des carburants. La seconde : le taux d'intérêt du livret est devenu bien moins avantageux lorsqu'on le compare désormais à celui d'autres placements qui, eux, ne sont soumis à aucune condition de ressources.

Sur ce point, l'assurance-vie se présente désormais comme un concurrent sérieux en termes de performances. Selon les prévisions des professionnels du secteur, le rendement des fonds en euros en 2026 devrait en moyenne atteindre 2,9 %, soit près d'un demi-point de plus que celui du livret d'épargne populaire. Un pourcentage en hausse par rapport à l'an dernier.

Certes, lorsqu'on tient compte des prélèvements sociaux, le taux moyen des fonds en euros passe à 2,4 %, soit quasiment le même taux que celui du LEP. Mais contrairement à ce dernier, dont le plafond de dépôt est fixé à 10 000 €, l'assurance-vie n'est soumise à aucune limite. Il est donc possible d'épargner des sommes bien plus élevées à un taux similaire. Par ailleurs, le taux de 2,9 % n'est qu'une moyenne, certains contrats euros affichant une rémunération proche des 4 % cette année.

Dans ce contexte concurrentiel, le LEP conserve toutefois l'avantage de disposer des fonds à tout moment via un simple virement. Alors que pour l'assurance-vie, le traitement des demandes par les assureurs prend généralement de quelques jours à deux semaines, ce qui rend la liquidité du fonds euro un peu moins immédiate que celle du livret réglementé.

Le volet fiscal marque également une distinction nette entre ces deux produits. Si les gains du LEP sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dès le premier euro, les intérêts issus de l'assurance-vie sont assujettis aux prélèvements sociaux (17,2 %) et soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou au barème de l'impôt. Toutefois, l'assurance-vie offre un cadre fiscal très attractif après 8 ans de détention grâce à un abattement annuel sur les plus-values (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple) ainsi que des avantages successoraux uniques, introuvables sur les livrets bancaires.

Loin d'être incompatibles, l'assurance-vie et le LEP s'avèrent donc complémentaires pour qui remplit les critères d'éligibilité du second. La stratégie idéale consiste à saturer en priorité le plafond de 10 000 € du LEP pour bénéficier d'une épargne de précaution sans impôt et disponible immédiatement, tout en prenant date sur une assurance-vie. Cela permet d'y placer le surplus sans limite de dépôt, de viser des rendements supérieurs via la gestion multisupport et de commencer à faire courir l'ancienneté fiscale des 8 ans.