Vie privée au travail

natwork - 5 juil. 2021 à 09:17
 Utilisateur anonyme - 12 juil. 2021 à 23:46
Bonjour,
Je vous présente le contexte. Je suis salarié d'une entreprise en CDI depuis fin d'année 2019.
Il y a 2 semaines, mon patron m'a convoqué dans son bureau en fin de journée (17H00) pour me dire que dès le lendemain j'allais travailler sur un autre site à 45 minutes de mon domicile (15 minutes à la base), que je commencerai 30 minutes plus tôt chaque jour, le tout pour exercer un métier qui n'est absolument pas le miens mais comme il manque d'effectif (et oui les 2 salariés en poste sont en arrêt pour dépression) je vais aller là-bas le temps nécessaire, 2 semaines, 1 mois, 6 mois. Je précise que je suis graphiste et web designer, et aujourd'hui je suis au poste de préparateur de commande en visserie, domaine dans lequel je n'ai aucune connaissance, compétence ni affinité. J'ai une famille et j'ai tout organisé en fonction d'elle (lieu de travail, horaires ...)
Ce matin en arrivant au bureau (avant de prendre la route pour l'autre site), une collègue me demande si je vais bien. Je lui ai répondu que non, elle me demanda pourquoi et je lui explique, "j'en ai marre d'être là-bas et de compter des vis, j'ai pas fait des études pour compter des vis, c'est la merd*, j'en ai mare de commencer plus tôt et de rentrer régulièrement plus tard que l'heure de fin suite aux bouchons sur la route".
Dix minutes plus tard, me voilà convoqué dans le bureau du patron, le RH n'était pas loin, il a entendu ma conversation avec ma collègue.
Je me prends donc un savon, le patron monte sur ses grands chevaux, il est très énervé et virulent, tape à plusieurs reprises sur son bureau comme pour m'intimider. Il me dit "tu ne veux pas travailler, pas de problème, dépose ta démission ici ! (en tapant fort sur son bureau), tu ne veux pas nous aider, aider l'entreprise, pas de problème! Donne ta démission je te dis !". Je lui ai demandé de redescendre d'un ton et lui ai dit qu'il ne comprenait pas, qu'il se trompait sur moi, et que ses reproches n'étaient pas fondés. Il a repris de plus belle et j'ai quitté son bureau afin de ne pas m'emporter.

J'aimerais simplement savoir, cette conversation que j'ai eu avec ma collègue, sur le lieu de travail, dans les horaires de travail, est bien une conversation privée non ? Je sais ce qui les énerve, c'est le fait d'avoir dit des choses négatives sur mon travail d'aujourd'hui et ma situation compliquée. Mais je ne m'amuse pas à aller voir mes collègues et leur dire que c'est la merd*, à dénigrer l'entreprise ou quoi que ce soit dans le genre. J'ai répondu à une collègue qui me posait une question. Elle m'a demandé si ça allait, j'ai le droit de dire que non et de lui expliquer mon point de vue sans que ça ne me retombe dessus non ?

Si je viens ici, c'est parce que je sais que ça ne s'arrêtera pas là. Le patron est le fils du Président du groupe et ce dernier va venir dans la journée. Je sais déjà qu'il va me convoquer et m'en mettre plein la tronche.

Qu'en pensez-vous ? Si j'allais voir mes collègues pour raconter que ça ne va pas et dénigrer l'entreprise, je comprendrais, là, ils me reprochent ce que j'ai dit en réponse à une question dans une conversation privée, enfin c'est ce que je pense.

D'avance merci à ceux qui me laisseront leur avis.
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2 réponses

dna.factory Messages postés 25078 Date d'inscription mercredi 18 avril 2007 Statut Modérateur Dernière intervention 15 juillet 2024 12 584
5 juil. 2021 à 10:18
j'ai eu avec ma collègue, sur le lieu de travail, dans les horaires de travail, est bien une conversation privée non ?

Sur le lieu de travail, sur le temps de travail, à portée d'oreille de l'employeur. Ce n'est pas très privé.

Maintenant, la vraie question ici, c'est "qu'est-ce que vous voulez ?"

Votre responsable a plutôt été clair. Ils n'envisagent pas de vous licencier. De vous payez pour que vous partiez. Pourtant, au vu de votre situation un licenciement économique serait envisageable.
Maintenant, voulez vous être licencié ?

Dans une situation comme la votre, y'a UNE bonne solution. Et votre responsable vous l'a proposé.
Ca s'appelle la démission.
Bien entendu, parce que vous êtes en France, vous considérez la démission comme une défaite, comme 'tout perdre' (en particulier le précieux chômage).
Sauf que l'idée ici n'est pas évidemment de démission 'bêtement'. L'idée est de chercher un travail (de préférence dans le graphisme et web design, et proche de chez vous), et de démissionner une fois une promesse d'embauche en main.
De la sorte, c'est tout bénef. Vous avez un emploi qui vais plait, et qui probablement paye mieux.

Le comportement de votre entreprise envers vous ressemble fortement à du harcèlement. On ne vous propose pas de travail adapté. On vous éloigne. On vous reproche des conversation.

Je suppose que si vous êtes motivé, vous pouvez porter l'affaire au prud'homme... Mais encore une fois qu'espérez vous ? Si y'a pas de boulot dans votre métier, ils n'en inventeront pas... et ils ne risquent pas d'être plus sympa avec vous après que vous les ayez assigné en justice.

Donc au final, quoi que vous vouliez, quoi que vous espériez. La première étape consiste à chercher du boulot par vous même. Dans 3 mois en fonction des résultats de votre recherche, il conviendra de réfléchir à la suite.
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Effectivement ils ne veulent pas licencier, ils poussent les gens au bout et ces derniers démissionnent (certains après une période d'arrêt de travail pour dépression).
La démission est déjà la solution que j'envisage depuis quelques semaines, je n'en ai nullement peur et bien sûr, je ne partirai pas sans avoir trouvé un autre emploi. Il ne s'agira d'ailleurs pas de ma première démission. J'ai passé des entretiens la semaine dernière justement.

Ce que je voulais ? Avoir des avis concernant cette façon de me traiter et avoir des "cartouches" pour répondre car je sais très bien que je vais être de nouveau convoqué pour un resserrage de vis, et le ton monte toujours. Je ne supporte pas qu'on ne traite pas les salariés avec respect. Même si le salarié est en faute, il y a une façon de parler aux gens, et leur hurler dessus en ne les laissant pas parler, en tapant fort sur la table et en leur disant que le problème c'est qu'ils ne veulent pas travailler, je ne crois pas que ce soit une façon de faire. Après, je sais bien que tout dépend aussi des personnalités et caractères, je suis très humain, sociable et sensible, ces agissements me touchent énormément.

Je veux quitter cette entreprise au plus vite mais pas sans rien, je vais démissionner, c'est décidé depuis plusieurs semaines. Mon problème est qu'en attendant ils ne vont pas arrêter, et je cherche à recueillir des avis et conseils pour que cette période se passe lue mieux possible pour moi.
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dna.factory Messages postés 25078 Date d'inscription mercredi 18 avril 2007 Statut Modérateur Dernière intervention 15 juillet 2024 12 584 > natwork
6 juil. 2021 à 09:40
Avoir des avis concernant cette façon de me traiter et avoir des "cartouches" pour répondre car je sais très bien que je vais être de nouveau convoqué pour un resserrage de vis, et le ton monte toujours.
A première vue, au vu des infos subjectives et unilatérales que nous avons, cette façon de communiquer est inadmissible.

Pour moi, la meilleure approche consiste à leur jeter en face qu'ils ne vous licencieront pas, et donc que tous ces grands cris, c'est du bluf.
Soit ils se dégonflent parce que c'était effectivement du bluff. Soit ils se sentent obliger de vous 'prouver' qu'ils étaient sérieux et c'est soit rupture conventionnelle avec un gros supra légal (indemnités : oui- congé payés restant : oui - préavis : non - chomage : carence égale au supra légal), soit licenciement éco (indemnités : oui + csp- congé payés restant : oui - préavis : oui - chomage : oui) (ho bien sur ils vont essayer de faire passer ça en faute grave sans indemnités. Mais déja, si vous vous laissez pas démonter et parlez bien des prud'hommes, ils risquent de se démonter, mais surtout, au point où vous en êtes, même licenciement faute grave (indemnités : non - congé payés restant : oui - préavis : non - chômage : oui), ça reste tout benef.
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Utilisateur anonyme
10 juil. 2021 à 19:54
Bonjour,

Règle de base : on ne démissionne pas quand on n'est pas en tort.

Si j'ai bien compris, votre employeur vous a embauché en tant que graphiste et web designer et du jour au lendemain, il vous a mis sur un poste de préparateur de commande en visserie ? La préparation de commandes n'a pourtant rien à voir avec votre qualification.

C'est une modification de votre contrat de travail qui ne pouvait vous être imposée sans votre accord.

Même le fait que vous ignorez le temps que vous allez rester sur ce poste est inadmissible de la part de votre employeur. Soit il s'agit d'un avenant temporaire soit d'un avenant définitif mais certainement pas au doigt mouillé !

Votre employeur avait le choix entre deux procédures :
- modification pour raison économique
Proposition de modification envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception. Vous avez un délai d'un mois pour répondre. Et votre absence de réponse vaut accord.

- modification pour raison non économique:
Pas de formalisme prévu par le code du travail mais il est conseillé à l'employeur d'envoyer la proposition de modification par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre (mais preuve écrite). Il vous laisse un délai raisonnable pour répondre, mais l'absence de réponse ne vaut pas accord.

Ensuite, quel site était mentionné sur votre contrat et avez-vous une clause de mobilité ?

Je vous invite à faire un courrier à votre employeur le plus rapidement possible en lui rappelant qu'il n'avait pas le droit de faire cette modification sans votre accord, en lui demandant de vous remettre sur votre poste de graphiste et en mentionnant copie à l'inspection du travail.

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2339
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SDWilliams Messages postés 685 Date d'inscription samedi 1 décembre 2018 Statut Membre Dernière intervention 6 juillet 2024 255
10 juil. 2021 à 22:08
Bonsoir,

Règle de base : on ne démissionne pas quand on n'est pas en tort. ...

Ah .... donc on est condamné à rester avec le même employeur tant qu'on bosse réglo même si les conditions de travail ne nous conviennent plus ou qu'une opportunité plus intéressante se présente ??

Un salarié en CDI peut démissionner à tout moment !
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2883#:~:text=Pour%20que%20la%20d%C3%A9mission%20soit,%C3%AAtre%20consid%C3%A9r%C3%A9s%20comme%20une%20d%C3%A9mission.

Pour ma part j'ai démissionné de 2 emplois en ayant une promesse d'embauche ailleurs et d'1 emploi en trouvant un nouvel emploi 2 mois et demi plus tard.
Bien sûr faut se bouger les fesses pour ne pas être sans rien !

Lors de toutes mes démissions, aucun problème par rapport à la qualité de mon travail et aucune faute, simplement un ras-le-bol de l'irrespect de mes employeurs/collègues et de leur facilité à augmenter/me déléguer diverses tâches sans que mon temps de travail soit augmenté, simplement parce que je suis "bonne poire", soucieuse de bien faire et consciencieuse.
Mais faut pas oublier que j'ai que 2 bras, que je suis pas Magic-Woman et que je suis pas un larbin...
Donc tchao et je vais voir ailleurs !
C'est pas les boulots qui manquent, peu importe si c'est pas des jobs de rêve !
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dna.factory Messages postés 25078 Date d'inscription mercredi 18 avril 2007 Statut Modérateur Dernière intervention 15 juillet 2024 12 584
Modifié le 11 juil. 2021 à 07:54
Règle de base : on ne démissionne pas quand on n'est pas en tort.
La réaction bien française tiens. Les même qui iront se plaindre que y'a pas de boulot, et encore moins de boulot intéressant.

La regle de base, c'est justement que c'est quand on n'est pas en tort qu'on démissionne... Parce que quand on est en tort, en général on n'a pas besoin.
Comme SDWilliams, je pratique régulièrement "la démission pour mieux", et je ne le fais pas parce que j'ai quelque chose à me reprocher, mais parce que l'entreprise en face me propose beaucoup plus intéressant pour bien mieux payé.
Et que comme je suis pas un mouton, je refuse pas de gagner 50 000 euros parce que j'en perds 10 000 si je démissionne.

Pour le reste concernant le changement de poste, rien n'indique que le contrat signé ne le permettait pas.
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Utilisateur anonyme > SDWilliams Messages postés 685 Date d'inscription samedi 1 décembre 2018 Statut Membre Dernière intervention 6 juillet 2024
11 juil. 2021 à 13:08
Bonjour,

Je ne vois pas pourquoi il faudrait dénigrer la France. Et refuser de démissionner ne fait pas de vous un mouton, je dirais même que c'est souvent l'inverse. C'est souvent plus facile de partir que de défendre ses droits.

Ensuite, vous parlez de votre situation personnelle, tant mieux pour vous si vous retrouvez facilement du travail. Et bien sûr qu'on est libre de démissionner (encore heureux !) si on n'aime plus son travail ou qu'on veut s'épanouir ailleurs.

Mais en l'espèce, ce n'est pas le cas présenté par Natwork. Il faisait un travail qui lui plaisait et pour lequel il a été formé et du jour au lendemain, on le met sur un autre poste qui n'a strictement rien à voir. Avant de conseiller à quelqu'un de démissionner (qui est, quoi que vous en pensez, une grave décision), il faut déjà savoir si le salarié a des droits ou pas.

D'ailleurs, vous oubliez que tout le monde ne peut pas se permettre de démissionner quand on a des enfants, un loyer à payer, des crédits à rembourser etc... Et trouver un autre emploi n'est pas aussi facile, surtout dans la période actuelle. Il faut également prendre en compte l'âge, les problèmes de santé éventuels, la mobilité etc... etc....
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Utilisateur anonyme > dna.factory Messages postés 25078 Date d'inscription mercredi 18 avril 2007 Statut Modérateur Dernière intervention 15 juillet 2024
11 juil. 2021 à 13:10
Voir ma réponse ci-dessus.
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dna.factory Messages postés 25078 Date d'inscription mercredi 18 avril 2007 Statut Modérateur Dernière intervention 15 juillet 2024 12 584 > Utilisateur anonyme
12 juil. 2021 à 09:19
il faut déjà savoir si le salarié a des droits ou pas.
A moins que le droit auquel vous faites référence soit le droit de "rester chez soi affalé sur le canapé en jouant à Candy crush en se plaignant que y'a pas de boulot dans ce pays de merde", démissionner ne fait perdre aucun des droits. Il est toujours possible d'assigner au prud'homme même après/pendant avoir démissionné. En fait, c'est même 'plus facile' car on n'a pas la pression de s'inquiéter des conséquences de cet assignation le fait de rester dans l'entreprise.
Les plus couillu arriveront même à transformer leur démission en licenciement.

Et trouver un autre emploi n'est pas aussi facile
Comme beaucoup, vous avez un biais énorme entre la démission et le fait de trouver du boulot...
Tout d'abord, sachez que dès lors qu'on parle de métier par opposition à 'juste travail' (ce qui semble être le cas ici), il est beaucoup plus facile de trouver un emploi avant de démissionner que suite à un licenciement. Les employeurs sauront toujours apprécier à leur juste valeur la volonté d'une entreprise de se débarrasser d'un de leur salarié (même si c'est pour raison éco), et saurant la mettre en relation avec la motivation du salarié qui souhaite évoluer.

ne peut pas se permettre de démissionner quand on a des enfants, un loyer à payer, des crédits à rembourser
Et parce qu'il s'en sortira mieux si l'employeur le licencie pour faute grave, sans indemnité, en touchant 80% de son salaire ?
Si les choses sont faites correctement, il y a de nombreux garde fous à la démission, que ce soit en s'assurant qu'elle soit légitime, ou en attendant d'avoir plusieurs propositions.

Mais surtout, sur le long terme, une démission apportera toujours plus (que ce soit financièrement, ou personnellement) de bénéfices qu'un licenciement, même avec des grosses primes.
Conseiller aux gens de préférer le licenciement, leur dire de ne pas démissionner, c'est leur conseiller de perdre de l'argent.
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