RGPD 2018 – Ce qui change en 2018

Avril 2018

Le RGPD va modifier en profondeur la réglementation sur la protection des données personnelles en France et en Europe. Quand entrera-t-il en vigueur ? Qui est concerné ? Voici une liste de nouvelles obligations et de nouveaux droits bientôt applicables.


Définition

Le RGPD (« règlement général sur la protection des données ») est un nouveau règlement européen qui encadre les règles de protection des données personnelles (règlement UE 2016/679). Il fixe de nouveaux droits pour les personnes physiques dont les données sont collectées et de nouvelles obligations pour les responsables de leur traitement (essentiellement des administrations et des entreprises).

Cette nouvelle réglementation vise à mieux adapter le droit des personnes à l'évolution numérique, et notamment au développement du « big data », du e-commerce, des objets connectés... qui reposent en grande partie sur la collecte et le traitement des données personnelles.

Texte

Le texte du règlement est téléchargeable en ligne sur internet sous la forme d'un fichier PDF.

Télécharger le texte du RGPD 2018

La parution du règlement précède celle d'une future loi française relative à la protection des données personnelles, qui devrait être votée au début de l'année 2018 afin d'adapter l'ancienne loi Informatique et Libertés aux nouvelles règles européennes.

Date d'entrée en vigueur

Le RGPD doit entrer en vigueur en France et dans les autres pays de l'UE le 25 mai 2018 (date inscrite à l'article 99 du RGPD).
Contrairement aux directives, les règlements européens sont directement applicables dans tout État membre.

Qui est concerné ?

Qui est concerné par le RGPD ?

Toutes les entreprises responsables de traitements de données personnelles sont concernées par le RGPD. Les grandes entreprises sont naturellement visées, mais également les TPE et les PME. Les nouvelles obligations concerneront notamment les sous-traitants des grandes sociétés qui devront démontrer leur mise en conformité au RGPD (sous peine de perdre rapidement des contrats...).

Mais les obligations du règlement ne se limitent pas aux seules entreprises privées puisque les administrations ou les associations sont également concernées.

En revanche, le RGPD ne s'applique pas aux particuliers, c'est-à-dire, selon l'article 18 du règlement, aux personnes physiques qui effectuent des traitements de données à caractère personnel au cours d'activités strictement personnelles ou domestiques. Ces traitements de données doivent être sans lien avec une activité professionnelle ou commerciale.

Droits des personnes

Le RGPD instaure de nouveaux droits pour les personnes dont les données personnelles sont traitées. Voici les principaux.

Information

Lorsqu'il collecte les données d'une personne, le responsable du traitement doit lui fournir un certain nombre d'informations dont la liste figure aux articles 13 et 14 du RGPD. Elle comprend notamment l'identité et les coordonnées du responsable du traitement (et le cas échéant, les coordonnées du DPO), les finalités de ce traitement, ainsi que l'indication des destinataires de ces données.

Demande d'effacement et droit à l'oubli

L'article 17 du RGPD prévoit également un droit à l'effacement : la personne concernée peut demander l'effacement de ses données pour l'un des motifs listés dans l'article. Le responsable du traitement devra alors procéder à la suppression des données dans les meilleurs délais.
La CJUE avait déjà reconnu un « droit à l'oubli numérique » permettant à une personne de demander à un moteur de recherche de dé-référencer des résultats le concernant. Google avait alors mis en ligne un formulaire Google de droit à l'oubli.

Droit à la portabilité

Le règlement crée un droit à la portabilité des données. Il permet, en quelque sorte, à une personne physique de s'approprier ses propres données et donc d'en demander :

  • la restitution : la personne peut récupérer ses données afin de pouvoir les stocker et les réutiliser pour son usage personnel, comme bon lui semble ;
  • le transfert à un autre responsable de traitement, l'un des objectifs affichés de ce nouveau droit consistant à faire jouer la concurrence entre les différents responsables de traitement (à l'image de ce qui existe en matière de portabilité des numéros de téléphone, par exemple).

Le responsable de traitement d'origine ne pourra pas s'opposer à la demande de la personne concernée.

Action collective

Le règlement autorise les actions de groupe, à l'instar des droits existant en matière de consommation. Des associations pourront donc agir en justice pour faire valoir les droits des personnes en matière de protection des données personnelles.

Opposition

La personne dispose également d'un droit d'opposition dans les cas listés par l'article 21 du règlement. C'est notamment le cas lorsque ses données personnelles sont traitées à des fins de prospection commerciale.

Obligations

Le RGPD impose un nombre d'important de nouvelles obligations pour les responsables de traitements de données. En plus des obligations visant à permettre aux personnes d'exercer leurs nouveaux droits (voir ci-dessus), le texte prévoit également des règles en matière de sécurisation des données. Il impose en outre la désignation d'un délégué à la protection des données (DPO), qui sera amené à tenir un rôle de plus en plus important dans les mois et années à venir.

Protection et sécurité

Le responsable du traitement des données doit respecter un certain nombre d'obligations en matière de protection et de sécurisation des données qu'il traite. Ses obligations figurent au chapitre IV du RGPD. Dans ce cadre, ses représentants doivent notamment coopérer avec la CNIL.

DPO

L'article 37 du RGPD prévoit l'obligation de nommer un délégué à la protection des données, appelé DPO : « Data Protection Officer ». Il est principalement chargé du bon respect, par l'organisme pour lequel il travaille, de la réglementation applicable à la protection des données. Voir ainsi DPO : définition et obligations.

Contrôle de la CNIL

Pour les données les moins sensibles, les formalités préalables auxquelles sont actuellement soumis les organismes de traitement de données vont être réduites. D'un système de contrôle a priori de la CNIL (avec des déclarations et des autorisations préalables), la réglementation passera à un système de contrôle a posteriori.

Sanctions de la CNIL

Le règlement étend le pouvoir de sanction de la CNIL. Celle-ci pourra désormais infliger des amendes pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial de l'entreprise concernée.

Crédits photo : 123RF - pixpack


Publié par Matthieu-B.
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