Droit du travail, redémarrage mission

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 Vinz83 -
Bonjour à tous,

Je fais appel à vos expériences et connaissances car ma conjointe rencontre actuellement un problème avec son entreprise, une ESN.

En effet, elle est en CDI dans sa boîte depuis un an et demi. Le poste qu'elle est censée occuper est business analyst mais sur son contrat de travail, c'est chef de projet moa pour des raisons administratives liées à son entreprise.

A son arrivée, elle a entamé une mission chez son client au poste de concepteur, la notion était floue mais on lui a fait comprendre que cela s'apparentait à BA à environ 1h15 aller de notre domicile.
Son entreprise lui avait indiqué oralement qu'elle aurait droit à une prime si elle y allait car cela permettait d'ouvrir le compte chez le client (entre 750€ et 1,5k€). De même, on lui avait indiqué que l'on lui paierait sa certification (2k€) mais encore une fois à l'oral.
Ainsi elle a accepté car tout paraissait parfait et elle leurs a fait confiance.

(Version simplifiée)
Au bout de quelques mois, elle s'est rendue compte que le poste était loin de son profil, on lui a demandé de faire des tâches techniques alors qu'elle est orientée fonctionnel finance.
Elle a donc demandé à sa boîte de sortir de mission, ses commerciaux lui ont répondu qu'ils avaient pris en compte ses souhaits et lui ont demandé de rester plus longtemps. Ensuite, ils lui ont proposé de basculer à 50% sur son poste de concepteur et 50% sur un poste de BA.

En discutant avec le client, ce dernier lui a proposé un poste de BA sur un autre projet. Ceci semblait être sa seule solution car sa boîte n'avait pas l'air d'être intéressée de son sort et elle a donc accepté.
Elle s'est rendue compte que l'environnement de travail et les méthodologies étaient les mêmes que sur son autre projet : elle n'apprenait toujours rien (domaine fonctionnel qu'elle connaît depuis longtemps) et rien n'avançait.

Elle a commencé sa certification et avec surprise, on lui a appris qu'on ne pouvait la financer qu'à moitié.

A la fin de l'année dernière, elle pensait qu'il était peut-être trop tôt pour avoir une vraie opinion sur le sujet et que cela allait peut-être prendre forme donc elle a voulu donner une chance au projet comme elle a pu l'indiquer à sa commerciale.
Elle a donc fait ses tâches de manière professionnelle comme sur son autre projet.

Entre temps, elle a appris que sa commerciale avait touché 5k€ pour l’ouverture du compte.

Finalement, elle a vite vu que cela ne changerait pas ... et malheureusement, la crise sanitaire est arrivée.

Elle a passé son entretien annuel et sa commerciale lui a fait savoir qu'elle était en phase sur sa demande d'augmentation.

Son projet restait au point mort et il a été décidé de l'arrêter.

On lui a demandé de rebasculer sur son ancien projet à 25% et 75% sur un autre projet encore plus technique (création de flux entre applications, etc.) en tant que concepteur et elle a donc refusé.
Sa boîte ne voulant pas qu'elle sorte de chez le client lui a demandé une nouvelle fois de faire des efforts.
Elle a proposé à sa boîte de former un remplaçant et de lui proposer d'autres opportunitées quitte à être en intercontrat sachant qu'on lui avait dit qu'il y avait une trentaine de personnes en intercontrat.

Après s'être entretenue avec son client, ce dernier lui a proposé de revenir à 100% sur son précédent poste pour une durée limitée et puis sortir de mission courant Juillet car il n'avait rien d'autre à lui proposer sachant qu'il avait essayé contacter le commercial plusieurs fois et qu'il ne répondait pas.
Ma conjointe a elle-même essayé de joindre sa commerciale sans succès.

Le client a donc fini par envoyé cette proposition à son entreprise et bizarrement, le commercial l'a appelé en lui indiquant qu'elle n'avait pas à parler de ça avec le client. Le manager de sa commerciale l'a aussi appelé en indiquant sa déception sans lui laisser le temps de s'exprimer sur le sujet et lui a indiqué qu'il allait remonter son dossier à la direction.

Sa commerciale a ensuite communiqué au client qu'elle ferait l'effort de rester sur l'ancien projet le temps de trouver une solution pour que l'autre projet ne reprenne.

Ma conjointe a indiqué qu'elle ne voulait pas y retourner car ce projet ne correspondait pas du tout à ses attentes professionnelles, qu'elle était allé chez le client à la base pour aider sa boîte à ouvrir le compte et que cela faisait plus d'un an et demi que sa carrière était bloquée.
S'en suivent des échanges de plus en plus agressifs avec sa boîte qui lui dit qu'ils lui ont fait confiance et qu'elle n'aidait pas du tout dans ce contexte exceptionnel.

Le client a contacté son entreprise pour indiquer que le projet reprenait le 28/09.

Elle a rappelé à son ESN les engagements d'origine qu'ils n'ont pas du tout tenu (prime d'apport de mission, paiement de sa certification et pas de retour sur son augmentation).
Les événements se sont accélérés, elle est convoquée par le pdg, le dg, le manager de la commerciale, la commerciale et la RH.

Depuis deux semaines, elle n’arrive plus à dormer correctement, stressée et attristée par les événements. Elle a même des palpitations.

Durant le point (21/09), seule la commerciale était absente, on lui a fait savoir qu'elle n'aidait en rien dans le contexte actuel et que ses réclamations sortaient de nul part et n’étaient pas fondées.
Le PDG lui a fait part de son experience en finance et qu’il connaissait plusieurs PDG des grosses SSII du secteur.
Au final, on lui a proposé 1k€ pour sa certification à payer asap, 1k€ de prime si elle acceptait de retourner chez le client avec point réguliers tous les 15 jours jusqu'au 31/12 au plus tard avec formation de son remplaçant sans obligation qu'elle soit effectivement remplacée car cela est indépendant de sa volonté.
A l'avenir, on lui a aussi dit qu'il fallait mettre plus de monde en copie dans ce type d'échange pour débloquer plus vite ces situations.
On lui a aussi fait savoir qu’elle n’avait pas ouvert le compte, qu’ils avaient déjà des consultants chez le client mais dans un autre pôle (production) et qu’ainsi sa demande de prime était infondée (alors qu’elle n’a pas fait la demande à l’origine mais que c’est sa boîte qui lui avait promis et que la commerciale a étrangement touché 5k€).
Résignée à ne pas obtenir ce qu'elle était censée avoir à l'entrée chez le client et sous pression avec les différentes personnes durant le point, elle a accepté avec la seule condition d'avoir un compte-rendu écrit et validé avant la reprise de la mission.

Le 22/09, sa commerciale l'a appellé pour confirmer qu'elle reprenait donc bien le 28/09, ma conjointe a confirmé la date. La commerciale lui a indiqué qu'elle ferait le compte-rendu.
Plus tard dans la journée, elle a reçu le compte-rendu indiquant seulement la reprise de la mission le 28/09 avec tout le monde en copie.
Ma femme a rebondi dessus en indiquant que oui mais à condition des engagements du 21/09 validés.
Le PDG lui a répondu alors qu'elle n'avait rien à demander et qu'elle devait juste respecter son contrat de travail.
Elle a juste répondu que l'engagement qu'ils avaient pris était justement d'écrire les engagements durant le point et de les valider et que si la situation ne s'arrangeait pas, ils pouvaient simplement se mettre d'accord pour une rupture conventionnelle et que chacun parte de son côté.

Elle est rappelée par la RH qui lui a crié dessus en disant qu'elle en avait marre de cette histoire et qu'elle n'avait pas à mettre le PDG en copie qui est juriste qui a dit qu'elle leurs faisait du chantage (il a rajouté une juriste dans l’échange de mail), que la rupture conventionnelle n'est pas un dû, ce que lui confirme ma conjointe, qu'elle ne s'attendait pas à avoir une validation d'une rupture conventionnelle mais que cela pouvait être une option.
La RH lui a dit ensuite que si elle n'était pas contente, pourquoi elle ne démissionnait pas ? Ma femme a répondu que ce n'était pas son but de démissionner et qu'elle voulait juste que la boîte se montre enfin clean. Pour des raisons personnelles, la RH lui a dit qu'elle devait mettre fin à la discussion et que le compte-rendu lui serait envoyé Mardi 29/09 ou Mercredi 30/09.

Juste après, ma conjointe a reçu un message du client lui demandant de ses nouvelles et si elle reprenait la semaine prochaine.
Ma conjointe a dit au client qu'a priori c'était le cas.
Le client lui a annoncé qu'il n'avait pas de retour du commercial malgré une relance en milieu de semaine et que ce dernier ne répondait pas.
Ma conjointe a terminé en disant qu'elle ferait passer le message.

Etrangement, elle a reçu un appel de la commerciale juste après cet échange, celle-ci a haussé rapidement le ton et la traité de manipulatrice en lui disant qu'elle était vicieuse et qu'il y avait des solutions comme la démission si elle n'était pas satisfaite de l'entreprise.
Elle lui a rappellé que l'entreprise n'était pas n'importe quelle entreprise, qu'elle faisait partie d'un grand groupe de plus de XXXX personnes, etc et qu'elle se mettait elle-même en porte à faux vis à vis du client si elle n'y allait pas.
Ma conjointe lui a juste dit que s'ils avaient tenu leurs engagements dès le départ, il n'y aurait pas eu tous ces débats car elle n'aime pas ce genre de situation et que c'est la première fois de sa carrière qu'elle est amenée à en arriver là, à demander des preuves écrites pour tout et qu'il suffisait juste de répondre aux compte-rendus qu'elle devait faire elle-même car eux, ne voulaient pas les faire et de valider ou invalider ses écrits.
Finalement, la commerciale lui a annoncé que sa reprise s'effectuerait que le 01/10 et elles ont fini la conversation de manière cordiale.

Pour finir, ma conjointe a écrit le compte-rendu de son échange avec la RH sans indiquer qu'elle lui avait crié dessus.

Nous sommes le 26/09, ma conjointe est encore en stress et hésite à aller voir le médecin pour qu'il lui prescrive quelque chose.

Voilà, je vous ai fait un résumé car d'autres événements ont eu lieu mais l'histoire en elle-même est longue et compliquée.

Nous sommes actuellement dans le flou car si elle démissionne, elle n’aura pas droit au chômage et de toute manière, ce n’est pas ce qu’elle souhaite car elle veut simplement pourvoir travailler dans un domaine qui lui l’intéresse, que sa boîte tienne ses engagements et qu’elle arrête de l’appeler sans cesse au telephone pour lui reprocher tous les maux de la terre.
Etant moi-même directement impacté, je souhaitais avoir un avis neutre.

Merci de m'avoir lu et je vous serai connaissant de m'apporter vos avis et lumières sur ce sujet.

2 réponses

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Bonjour

Déjà les ESN dépendent des demandes de leurs clients, qui ne sont pas toujours claires dès le départ, et qui peuvent varier. Sans chercher à défendre, je sais que ce n'est pas toujours évident pour les ESN de s'adapter à leurs clients et d'avoir aussi des collaborateurs adaptables. La preuve, le client lui a proposé un poste sur un autre projet, qui s'est révélé être le même genre
Elle a donc demandé à sa boîte de sortir de mission Pour la mettre où si il n'y a pas d'autres missions ?
Elle a proposé à sa boîte de former un remplaçant et de lui proposer d'autres opportunitées quitte à être en intercontrat Ca coûte cher de payer les gens à ne rien faire
Ma conjointe a indiqué qu'elle ne voulait pas y retourner car ce projet ne correspondait pas du tout à ses attentes professionnelles Je pense que votre épouse ne doit plus jamais travailler pour une ESN. Elle risque de se retrouver à nouveau insatisfaite

Et il faut tenir compte aussi de la crise sanitaire qui n'a rien arrangé

Le plus simple est de chercher ailleurs un emploi de BA à mon avis puis de démissionner
Bonjour,

Merci d'avoir pris le temps de lire notre histoire et d'avoir donné votre avis.

Pour répondre à votre question "Pour la mettre où si il n'y a pas d'autres missions ?". En fait, ils ont d'autres missions mais ils mentent ouvertement car ils ont mis plusieurs offres en ligne sur des postes sur lesquels ma conjointe aurait aimé être positionnée. Elle leurs a d'ailleurs dit mais ils ont prétexté qu'elle était trop junior (avec 7 ans d'expérience), 2 niveaux de CFA (elle doit passer le 3è cette année), une certification Bloomberg et une certification product owner.

Lors de son arrivée chez le client, elle a passé deux entretiens pour 2 projets distincts qui se sont tous les deux bien déroulés mais dès qu'ils ont eu la première réponse, ils ont fait comme s'il n'y avait pas eu de retour de la part du client sur la deuxième offre qui était plus fonctionnelle.

La chose que je n'ai pas mentionnée et qui est importante, c'est que le client a demandé à ce que ce soit spécifiquement elle sur le projet pour la reprise car lors de son départ, il a fait savoir qu'il avait été très satisfait de ses prestations sur ses deux projets. Sa chef de projet (venant aussi de sa boîte) qui a aussi été sortie peu de temps après, a été immédiatement replacée sur une autre mission.

Elle a proposé un profil pour cooptation qu'ils ont contacté et donné rendez-vous mais ne l'ont jamais rappelé.
Elle a aussi indiqué qu'il y avait une opportunité certaine chez un autre client et qu'ils pouvaient y placer quelqu'un et de même, ils ne l'ont pas pris en compte.
Maintenant, ils lui reprochent de ne pas faire d'efforts ... c'est assez contradictoire.

"Et il faut tenir compte aussi de la crise sanitaire qui n'a rien arrangé "
Nous sommes tout à fait d'accord. Sa proposition était d'échanger sa place avec un autre consultant donc sa boîte ne perdait rien.
D'autant plus que lors de son point avec le PDG, celui-ci lui a dit que c'était des gens comme elle dont il avait besoin pour ouvrir de nouveaux comptes (ce qu'ils avaient fait pour ce client d'ailleurs puisqu'ils avaient explicitement demandé aux commerciaux de la mettre sur l'AO vues ses compétences).

"Je pense que votre épouse ne doit plus jamais travailler pour une ESN. Elle risque de se retrouver à nouveau insatisfaite"
Nous sommes aussi arrivés à la même conclusion concernant les ESN mais malheureusement, ils ont main mise sur les opportunités et passer directement interne est assez difficile lorsque vous n'avez pas déjà travaillé pour le client chez qui vous postulez.

Nous voyons pour trouver la meilleure solution pour tout le monde mais à chaque fois, son entreprise en rajoute une couche pour dire qu'elle essaye de tout mettre en sa faveur alors qu'elle ne demande qu'à obtenir que ce qu'ils lui avaient promis à la base (sans quoi, elle n'aurait pas été chez eux) et donc, ils ne veulent rien mettre par écrit pour certainement éviter toute preuve d'engagement.
Nous regrettons d'avoir voulu leurs faire confiance en laissant traîner les sujets pensant qu'ils finiraient par se manifester par eux-même et qu'ils seraient de bonne foi.

En tout cas, encore merci pour temps et votre réponse.
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