"Une mesure de bon sens" : les retraités de nouveau ciblés par le futur budget pour 2027
Depuis maintenant deux années, établir un budget annuel est devenu un véritable chemin de croix pour les différents gouvernements qui se sont prêtés à l'exercice. D'une part, en raison de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale depuis les dernières législatives, ce qui complique le vote d'un texte sans passer par le fameux "49.3". D'autre part, parce que la situation financière du pays exige de réaliser d'importantes économies budgétaires qui généreraient inévitablement du mécontentement pour les personnes ciblées à quelques mois d'échéances électorales déterminantes.
Parmi les cibles évoquées pour réaliser des économies, les retraités sont très fréquemment cités. Le régime des retraites affiche en effet un coût annuel de près de 400 milliards d'euros. Des dépenses qui représentent plus de 40 % des prestations sociales et 13,1 % du produit intérieur brut (PIB) de la France. Ces dernières années, l'exécutif a plusieurs fois tenté de mettre en œuvre des mesures visant à réduire ces coûts. Elles devraient à nouveau revenir sur la table lors du vote du projet de loi de finances pour 2027.
Bercy vient en effet de mandater quatre experts pour analyser l'évolution du déficit public lors des prochaines années et proposer des scénarios de redressement. Or, plusieurs de ces économistes se sont récemment prononcés pour des mesures visant les retraites.
Il en est ainsi de Xavier Ragot, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Dans Challenges, l'économiste a en effet récemment déclaré que "les retraites représentent la principale marge de manœuvre pour rétablir les comptes" au regard du poids des pensions dans la dépense publique.
Un autre membre du groupe d'experts, Xavier Jaravel, s'est quant à lui prononcé il y a quelques mois dans les colonnes des Echos en faveur de la réduction de l'abattement forfaitaire fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités sur leurs pensions. Alors que l'avantage de cet abattement est aujourd'hui plafonné à 4 000 €, ce professeur à la London School of Economics s'était déclaré favorable à une réduction du plafond à 2 000 €, afin qu'il bénéficie seulement aux retraités des classes moyennes. Une "mesure de bon sens" selon l'économiste.
Plus généralement, Xavier Jaravel s'est prononcé en faveur d'une contribution des retraités les plus aisés, qui devraient inévitablement être ciblés dans le prochain budget. A noter que le gouvernement souhaitait déjà faire voter cette mesure fiscale l'an dernier, avant de faire marche arrière.
Reste à savoir si ces experts mandatés par le gouvernement iront au bout de leurs idées. Mais même si le projet de budget 2027 n'en est qu'à ses premiers balbutiements dans les couloirs de Bercy, le sujet des retraites devrait une nouvelle fois revenir sur la table. Avec, en ligne de mire, les hausses annuelles des pensions (actuellement indexées sur l'inflation) et les avantages fiscaux dont les retraités bénéficient. Sur ces sujets, le statu quo de ces deux dernières années ne pourrait donc être qu'un simple répit pour les 18 millions de retraités français.