Parents : vers l'accès à un prêt immobilier de 100 000 € à taux zéro sans condition de revenus
Le taux de fécondité a chuté ces dernières années en France, avec une moyenne désormais de 1,56 enfant par femme. Pourtant, les enquêtes effectuées auprès de la génération en âge de fonder une famille montrent que le nombre d'enfants souhaités par les femmes comme par les hommes est bien supérieur (2,3 environ selon les sources). Ce décalage entre le nombre d'enfants désirés par un foyer et le nombre d'enfants qui y naissent montre que beaucoup de futurs parents renoncent à l'arrivée d'un enfant contre leur gré.
Si le phénomène est multifactoriel, l'une des causes les plus souvent avancées par les démographes réside dans le logement. L'arrivée d'un nouvel enfant nécessite en effet plus de place, avec généralement une nouvelle chambre et donc une surface en plus. Or, avec la crise du logement et le niveau élevé des prix de l'immobilier, beaucoup de parents renoncent ou repoussent un déménagement ou des travaux pour vivre dans une habitation plus grande. Ce qui, à terme et en moyenne, les conduit à avoir moins d'enfants.
Une proposition de loi débattue ce jeudi 28 mai à l'Assemblée nationale vise à endiguer ce phénomène. Elle prévoit l'instauration d'un prêt à taux zéro (PTZ) accessible dès la déclaration de grossesse et jusqu'aux cinq ans de l'enfant. Cet emprunt doit être destiné à financer l'acquisition ou l'agrandissement de la résidence principale. Son montant est conséquent, puisqu'il serait possible d'emprunter jusqu'à 100 000 € sans payer d'intérêts, le dispositif étant financé par l'Etat en vue de relancer la natalité.
Autre information importante : en l'état du texte de la proposition de loi actuellement en discussion, ce prêt serait sans condition de ressources. Toutes les familles pourraient ainsi y avoir droit. Et ce, dès le premier enfant.
Le texte de cette proposition de loi doit être débattu aujourd'hui à l'Assemblée. S'il est probable que le dispositif soit adopté, ses conditions pourraient néanmoins être durcies par les députés. Un amendement du député socialiste Iñaki Echaniz pourrait ainsi être voté afin de moduler l'avantage en fonction des revenus du ménage. Par ailleurs, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a quant à lui déclaré souhaiter restreindre le dispositif aux familles ayant déjà un enfant. Autant de restrictions qui pourraient limiter la portée de la mesure.
Reste à savoir si ce prêt à taux zéro aura un impact réel sur le taux de natalité ou si ses effets ne resteront que marginaux, dans un contexte où la crise du logement est profondément ancrée et où les ménages risquent de souffrir d'un probable retour de l'inflation dans les trimestres à venir.