Des millions d"épargnants ont fait le choix d'un placement très mal rémunéré. Qui sont les Français concernés et que doivent-ils faire pour gagner plus.
On le sait : financièrement, les Français vivent des temps difficiles ces dernières années. Leur inquiétude quant à l'avenir se traduit par un taux d'épargne important. Ils préfèrent "mettre de côté" en prévision des mauvais jours plutôt qu'investir ou consommer. Et ils cherchent avant tout des placements à la fois sécurisés et totalement disponibles.
Les Français ont donc tendance à se tourner vers les livrets d'épargne réglementée, vers les fonds en euros des assurance-vie, voire même depuis deux ou trois ans vers les OPCVM monétaires. Avec raison puisque ces placements ont bénéficié de la hausse des taux des marchés et ont servi une rémunération souvent plus élevée que l'inflation. Mais la donne a aujourd'hui changé et la rentabilité de ces produits sécurisés va devenir plus incertaine. Pire encore : l'un de ces supports, jadis très populaire, est devenu l'un des plus mauvais choix d'investissement en terme de rémunération, bien que dix millions de Français en possèdent encore un.
Ce support cumule en effet les inconvénients. Tout d'abord, une faible rémunération puisque son taux est tombé à 1,75% avant impôt depuis le 1er janvier 2025. Ensuite, une absence d'avantage fiscal puisque ses intérêts sont soumis à l'impôt, ce qui donne une rentabilité nette de 1,22%, bien moindre que le livret A. A ces défauts s'ajoutent aussi l'absence de disponibilité des fonds, puisque tout retrait entraîne la clôture de ce support. Dernier inconvénient : ce placement impose des versements réguliers d'au moins 540 € par an.
Conclusion : il ne faut surtout pas ouvrir... un plan d'épargne logement ! Puisqu'il s'agit bel et bien du PEL qui a eu son heure de gloire chez les épargnants français dans les décennies passées, mais qui ne présente plus vraiment d'intérêt depuis le début de l'année. Avec 1,22% de rémunération nette d'impôt, c'est le support le moins rentable parmi la panoplie des produits d'épargne réglementée. Mieux vaut ouvrir et alimenter un livret A, un LDDS ou mieux encore un livret d'épargne populaire. A condition, pour ce dernier placement, de remplir les conditions de ressources applicables.
Mais attention : s'il ne faut pas ouvrir un PEL en 2025, cela ne signifie pas pour autant qu'il faille clôturer et liquider vos anciens plans. Tout dépend en fait de la date d'ouverture de votre Pel et donc de sa rémunération. Les vieux Pel sont même très rentables puisque certains rapportent 4,50%. D'après le dernier rapport de la Banque de France, 27% des Pel serviraient un intérêt égal ou supérieur à 3,50%. D'autres, en revanche, ouverts entre le 1er août 2016 et le 31 décembre 2022 par exemple, ne rapportent que 1% de rémunération et méritent donc d'être clôturés sans délai. Sauf si vous avez un projet immobilier puisque cette génération de plans donnent droit à un prêt à taux très faible (2,20%).
La conclusion s'impose : interroger votre banquier pour connaître le taux de rémunération exacte de votre plan si vous en possédez un. Et n'en ouvrez pas en 2025.