Livret A : la mesure est contestée, mais voici ce que l'épargne de votre livret devrait désormais financer
Comme chacun sait, l'Etat français doit faire face à une dette colossale. Dans son projet de budget pour 2027, le gouvernement compte ainsi faire des économies, mais aussi trouver de nouvelles sources de financement. Dans ce contexte, beaucoup d'économistes proposent de mobiliser l'épargne des Français afin de permettre à l'Etat de financer certains projets. L'un deux, contesté par des associations mais figurant dans le projet de loi de finances pour 2027, prévoit d'utiliser une partie de l'encours de l'épargne réglementée, et notamment du livret A.
Le livret A est le placement le plus répandu chez les Français : 80 % d'entre eux détiendraient ce livret d'épargne réglementé et totalement défiscalisé. Même si l'encours du livret A est inférieur à celui de l'assurance-vie, il représente néanmoins plus de 600 milliards d'euros à ce jour. Une somme considérable qui représente une source de financement pour les organismes publics.
Près de 60 % de l'encours du livret A sont ainsi centralisés à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Aujourd'hui, une part prépondérante de cette somme est consacrée au financement du secteur HLM et de la construction ou rénovation de logements sociaux ainsi qu'à celui de missions d'intérêt général.
Mais le gouvernement compte élargir la destination de ces fonds à un autre projet, et ce dès 2027. Une mesure très contestée par des organisations associatives et syndicales ainsi que part des élus de gauche. Elle vise à mobiliser l'épargne réglementée pour financer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.
Le texte gouvernemental prévoit en effet de financer six réacteur EPR2, dans la limite de 60 milliards d'euros. Le prêt serait garanti par l'Etat, qui prendrait en charge les intérêts au cours de la construction. Les fonds seraient prêtés directement à une filiale du groupe EDF chargée de la construction. Ce prêt couvrira jusqu'à 60 % du coût prévisionnel des chantiers. La filiale d'EDF bénéficierait d'un taux avantageux de 0 % pendant la construction, puis de 3 % pendant la phase d'exploitation.
Les opposants au projet dénoncent l'absence de concertations autour de cette mesure et soulignent le risque d'une baisse de financement destinés au logement social. A l'inverse, les soutiens du projet avancent pour leur part que cet emprunt à faible coût permettrait de garantie un prix du kilowattheure plus bas pour les consommateurs et les entreprises françaises à long terme. La mesure garantirait en outre au projet une indépendance financière en évitant de dépendre d'investisseurs étrangers.
Si la mesure doit encore être débattue dans les jours et semaines à venir, elle n'aura pas, dans tous les cas, de conséquences directes pour les 57 millions de détenteurs d'un livret A. Leur capital restera garanti à 100 % par l'État en 2027, avec une épargne qui restera immédiatement disponible.