Retraite : les seniors discrètement ciblés par cette nouvelle mesure fiscale - certains paieront plus d'impôt
Depuis plusieurs années déjà, la retraite est au centre des débats budgétaires. Du fait des déséquilibres démographiques, une large majorité de responsables politiques soulignent la nécessité d'instaurer un volet capitalisation à côté de l'actuelle retraite par répartition, financée par les actifs. En d'autres termes et schématiquement, les Français sont incités à épargner pour préparer leur futur retraite. Sauf qu'une toute nouvelle mesure fiscale, passé quasiment inaperçue, va à l'encontre de cette tendance et va notamment pénaliser les seniors qui veulent améliorer leur retraite.
Les Français ont parfaitement compris la nécessité d'investir et d'épargner à long terme pour bénéficier d'une rente ou d'un capital une fois à la retraite. Le succès du PER (plan épargne retraite) en est la preuve. D'après Bercy, on compte aujourd'hui 11,2 millions de titulaires de PER représentant près de 120 milliards d'encours. De quoi réjouir les responsables politiques... On comprend mal alors le bien fondé de deux récentes mesures fiscales qui sont en contradiction avec la volonté affichée et largement partagée de développer la retraite par capitalisation.
La première mesure est connue. Le taux de la CSG et des prélèvements sociaux est passé de 17,2 % à 18,4 % sur les produits générés par les PER. Alors que les contrats d'assurance-vie échappaient à cette augmentation, votée dans le cadre de la Loi sur le financement de la sécurité sociale.
La deuxième mesure est passée plus inaperçue. On sait que sous certaines conditions et dans la limite de certains plafonds, les versements effectués sur un PER sont déductibles du revenu imposable du titulaire. Ce qui représente évidemment une très importante incitation fiscale à épargner.
Seulement voilà : la loi de finances pour 2026, récemment adoptée en ce mois de février, supprime la déductibilité passé l'âge de 70 ans. Conséquence : les séniors de plus de 70 ans n'ont plus intérêt à alimenter leur PER, même s'ils sont encore en activité, comme c'est souvent le cas des professions indépendantes ou libérales. Et cet âge limite entre en vigueur dès le 1er janvier 2026.
Le PER demeure un excellent placement de long terme. Mais pour certaines épargnants seulement.