Vous en consommez presque chaque jour : un rapport alerte sur le manque de contrôles de ce produit phare
Il est présent sur presque toutes les tables et incarne une certaine idée de la gastronomie. Chaque jour, des millions de Français en ajoutent à leurs plats, convaincus de faire un choix sain et naturel. Pourtant, un récent rapport européen vient troubler cette image rassurante.
Car ce produit du quotidien, réputé très encadré, ne serait pas contrôlé aussi rigoureusement qu'on le pense. Selon des auditeurs européens, les règles existent bel et bien, mais leur application reste insuffisante. Une situation d'autant plus problématique que les consommateurs n'ont aucun moyen de vérifier ce qu'ils achètent réellement.
Dans un rapport publié début 2026, la Cour des comptes européenne dresse un constat clair : les systèmes de contrôle de l'huile d'olive sont complets sur le papier, mais appliqués de manière inégale selon les pays. Les garanties affichées sur les bouteilles ne reposent donc pas toujours sur des vérifications systématiques. Et la France, grande consommatrice mais faible productrice, n'échappe pas à ces failles...
En théorie, l'huile d'olive commercialisée en Europe doit répondre à des exigences strictes en matière d'authenticité, de qualité, de traçabilité et de sécurité sanitaire. En pratique, de nombreux États membres ne réalisent pas le nombre minimal de contrôles requis. Certains paramètres obligatoires ne sont pas toujours analysés, et des segments entiers du marché, comme les importations ou la vente en ligne, peuvent être peu inspectés.
Conséquence directe : des huiles peuvent être vendues comme "vierges extra" alors qu'elles ont perdu une partie de leurs qualités, notamment à cause de mauvaises conditions de stockage. Une part importante des non-conformités détectées concerne cette dégradation progressive, souvent imperceptible pour le consommateur.
Le rapport souligne aussi des lacunes dans le contrôle de certains contaminants autres que les pesticides. Si ces derniers sont globalement surveillés, ce n'est pas toujours le cas de substances comme les hydrocarbures d'huiles minérales ou certains plastifiants. Pour ces composés, les seuils européens sont parfois inexistants et les contrôles laissés à l'appréciation des États.
La traçabilité constitue une autre source d'inquiétude. Lors de tests concrets, il a parfois été impossible de retracer précisément l'origine d'huiles pourtant correctement étiquetées. Dans un marché ouvert, où les assemblages d'origines multiples sont fréquents, le consommateur peine à savoir d'où vient réellement le produit.
La Cour des comptes européenne appelle la Commission à renforcer la surveillance, harmoniser les pratiques nationales et améliorer la traçabilité. En attendant, ce rapport rappelle une réalité : même pour un produit emblématique du quotidien, les garanties affichées sur l'étiquette ne reflètent pas toujours l'ampleur réelle des contrôles...