La mention "lu et approuvé" est inutile

La mention "lu et approuvé" est inutile La mention "lu et approuvé" a peu de valeur juridique alors qu'elle est souvent exigée avant une signature. Explications.

La mention "lu et approuvé" est souvent exigée avant la signature d'un contrat, et ce qu'il s'agisse d'actes à caractère professionnel ou personnel. En pratique, elle vise à appuyer l'engagement formel du signataire. Il faut pourtant savoir que cette mention est totalement inutile dès lors que la signature du cocontractant figure sur le document. Cette expression n'a pas d'effet sur l'appréciation du consentement de celui qui la rédige.

Comme l'a rappelé la 1ère chambre civile de la Cour de cassation dans un arrêt en date du 30 octobre 2008 (arrêt n°07-20001), les actes sous seing privé, sauf exceptions prévues par la loi, ne sont soumis à aucune condition de forme : seule compte la signature des parties. En l'espèce, le fils du titulaire d'un contrat d'assurance avait demandé à la justice l'annulation d'un avenant signé par son père au motif que la signature n'était pas précédée de la mention "lu et approuvé". Selon les juges, l'absence de cette mention, quand bien même celle-ci serait d'usage, ne permet pas de remettre en cause la validité du document en l'absence de contestation sur l'auteur de la signature de l'avenant.

Conclusion : alors qu'elle est encore largement employée aujourd'hui, l'expression "lu et approuvé" est pourtant sans réelle valeur juridique puisqu'elle n'est pas une condition de validité formelle d'un engagement. Seul intérêt pratique : rédigée à la main, cette mention peut toutefois permettre de faire réaliser une expertise en écriture pour contester l'authenticité d'une signature.

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